ACTE I, SCÈNE V
IRÈNE
lile n'est pas, seigneur, peut-être où vous pensez- Et, quoi qu'un juste espoir ose vous faire croire. S'exposer au refus, c'est hasarder sa gloire, La princesse peut tout, ou du moins plus que vous. Vous vous attirerez sa haine et son courroux. Son amour t'iatéresse, et son urne hautaine....
ASPAB.
Qu'on me fasse empereur, et je crains peu sa haine.
Mais, s'il faut qu'à vos yeux un autre préféré Monte, en dépit de vous, à ce rang adoré , Quel déplaisir ' quel trouble ! et quelle ignominie Laissera pour jamais votre gloire ternie!
't(on, seigneur, croyez-moi, n'allez point au sénat, De vos hauts faits pour vous laissez parler l'éclat, Qu'il sera glorieux que sans briguer personne Us fassent à vos pieds apporter lu couronne, Que votre seul mérite emporte ce grand i;hoi\. Sans que votre présence ait mendié de voix !
Si Procope, ou Léon, ou Martian l'emporte.
Vous n'aurez jamais eu d'ambition si forte.
Et vous désavouerez tous ceux de vos amis Dont la chaleur pour vous se sera trop permis.
Aces hauts sentiments s'il me falloit répondre, J'ain-ois peine, madame, à ne me point confondre : J'y vois beaucoup desprit, j'y trouve encor phis d'ai Et, ce que j'en puis dire à la hâte et sans fard , Dans ces grands intérêts vous montrer si savante,
nia PULCHÉRIE.
C'est être bonne sœur et dangereuse amante.
L'heure me presse : adieu. J'ai des amis à voir Qui sauront accorder ma gloire et mon devoir; Le ciel me prêtera par eux quelque lumière A mettre Tun et l'autre en assurance entière, Et répondre avec joie à tout ce que je doi A vous, à ce cher frère, à la princesse, à moi.
IRÈNE, seule.
Perfide, tu n'es pas encore où tu te penses.
J'ai pénétré ton cœur, j'ai vu tes espérances; De ton amour pour moi je vois l'illusion :
Mais tu n'eâ" sortiras qu'à ta confusion.
FIN DU PBEMISa ACTE.