‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 175 sur 285 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

PULCHÉniE, JUSTINE.

PULCHÉRIF.

Justine.plus j'y pense, et plus je inintjuiéte:

Je crains de n'avoir plus tu\ti iimoiii' si parfaite.

Et que, si de Léon on me fait nii (;|)Oux,

Un bien si désiré ne inc soit plus si doux.

Je ne sais si le rang mauioit tait changer dame;

Mais je tremble à penser que je serois sa femme,

Et qu'on n'épouse point Tamant le plus chéri

Qu'on ne se fasse un maître aussitôt qn un mari.

J'aimerois à régner avec L'indépendance

Que des vrais souverains s'assure la prudence;

Je voudrois qne le ciel inspirât au sénat

De me laisser moi seule à gouverner l'état,

De m' épargner ce maître, et vois d'un œil d'envie

Toujours Sémiratnis , et toujours Zénobie.

On triompha de l'une: et pour Sémiramis,

Elle usurpa le nom et l'hubit de son fils;

Et sous l'obscurité d'une longue tutelle,

Cet habit et ce nom régnuient tous deux plus qu'ell

292 PDLCHÉRIE.

Mais mon cœur de leur sort n^en est pas moins jalon C'étoit régner enfin, et régner sans époux.

Le tiûomphe n'en fait qu'affermir la mémoire; Et le déguisement n'en détruit point la gloire.

JUSTINE

Que les choses bientôt prendroient un autre tour

Si le sénat prcnoit le parti de Tamour !

Que bientôt.... Mais je vois Âspar avec mon père.

PULCHÉRIE

Sachons d'eux quel destin le ciel vient de me faire.

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