SCÈNE I
PULCHÉniE, JUSTINE.
PULCHÉRIF.
Justine.plus j'y pense, et plus je inintjuiéte:
Je crains de n'avoir plus tu\ti iimoiii' si parfaite.
Et que, si de Léon on me fait nii (;|)Oux,
Un bien si désiré ne inc soit plus si doux.
Je ne sais si le rang mauioit tait changer dame;
Mais je tremble à penser que je serois sa femme,
Et qu'on n'épouse point Tamant le plus chéri
Qu'on ne se fasse un maître aussitôt qn un mari.
J'aimerois à régner avec L'indépendance
Que des vrais souverains s'assure la prudence;
Je voudrois qne le ciel inspirât au sénat
De me laisser moi seule à gouverner l'état,
De m' épargner ce maître, et vois d'un œil d'envie
Toujours Sémiratnis , et toujours Zénobie.
On triompha de l'une: et pour Sémiramis,
Elle usurpa le nom et l'hubit de son fils;
Et sous l'obscurité d'une longue tutelle,
Cet habit et ce nom régnuient tous deux plus qu'ell
292 PDLCHÉRIE.
Mais mon cœur de leur sort n^en est pas moins jalon C'étoit régner enfin, et régner sans époux.
Le tiûomphe n'en fait qu'affermir la mémoire; Et le déguisement n'en détruit point la gloire.
JUSTINE
Que les choses bientôt prendroient un autre tour
Si le sénat prcnoit le parti de Tamour !
Que bientôt.... Mais je vois Âspar avec mon père.
PULCHÉRIE
Sachons d'eux quel destin le ciel vient de me faire.