‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 186 sur 285 · ACTE V, SCÈNE VI. 3o · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI. 3o

e TOUS donne Justine.

LÉON

A moi, madame?

PULCHÉRIE

Avons, ue je m'étois promis moi même pour époux.

LÉON

î n'est donc pas assez de vous avoir perdue,

e voir en d'autres mains la main qui m'étoit due,

faut aimer ailleurs '

PULCHÉRIE

Il faut être empereur, t, le sceptre à la main, justifier mon cœur; outrer à Funivers, dans le héros que j'aime, 3ut ce qui rend un front digne du diadème; DUS mettre, à mon exemple, au-dessus de Tamour, : par mon ordre enfin régner à votre tour.

Lstine a du mérite, elle est jeune, elle est belle : )us vos rivaux pour moi, le vont être pour elle; : Tempii^e pour dot est un trait si charmant, le je ne vous en puis répondre qu'un moment.

LÉON

ni, madame, après vous elle est incomparable; Je est de votre cour la plus considérable; [le a des qualités à se faille adorer :

ais hélas ! jusqu'à vous j a vois droit d'aspirer. Dulez-vous qu'à vos yeux je trompe un tel mérite, ue sans amour pour elle à m'aimer je l'invite, u en vous laissant mon cœur je demande le sien, t lui promette tout pour ne lui donner rien?

3o4 PULCHÉRIE.

PULCIIÉRIE.

Et ne savez-vous pas qu'il est des hyménées Que font sans nous au ciel les belles destinées? Quand il veut que Teffet en éclate ici-bas, Lui-même il nous entraîne où nous ne pensions pas; Et, dès qu'il les résout, il sait trouver la voie De nous taire accepter ses ordres avec joie.

LÉON

Mais ne vous aimer plus! vous voler tous mes vœux!

PULCHÉRIE

Aimez-moi, j'y consens; je dis plus, je le veux. Mais comme impératrice, et non plus comme amante; Que la passion cesse, et que le zèle augmente. Justine, qui m'écoute, agrérabien, seigneur.

Que je conserve ainsi ma part en votre cœur.

Je connois tout le sien. Rendez-vous plus traitable Pour apprendre à l'aimer autant qu'elle est aimable; Et laissez-vous conduire à qui sait mieux que vous Les chemins de vous faire un sort illustre et doux. Croyez-cn votre amante et votre impératrice:

J/une aime vos vertus, l'autre leur rend justice; J]t sur Justine et vous je dois pouvoir assez Pour vous dire à tous deux : Je parle; obéissez.

LÉON, a Justine.

J'obéis donc, madame, à cet ordre suprême.

Pour vous offrir un cœur qui n'est pas à lui-même: Mais enfin je ne sais quand je pourrai donner Ce que je ne puis même offrir sans le gêner; lA cette offre d'un cœur entre les mains d'une autre Ne peut faire un amour (jui mérite le vôtre.

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