PALM
Non, seijjneur: à son prince attacher sa tendresse, C'est une grandeur dame et non unefoihlesse; Et lui garder un cœur qu'il lui plut mériter N'a rien d'assez honteux pour ne s'en point vanter. J'en ferai toujours gloire; et mon ame, charmée De l'heureux souvenir de métré vue aimée.
N'étouffera jamais l'cclat de ces beaux feux Qu'alluma son mérite, et l'offre de ses vœux.
nit[ii>r.
Faites mieux, vengez-vous. Il est des rois, madame, Plus dignes qu'un ingrat d'une si belle flamme.
PA I. M I s.
De ce que j'aime encor ce seroit m' éloigner, Et me faire un exil sous ombre du régner.
Je veux toujours le voii', cet ingrat ([ui me tue, Non pour le triste bien de jouir de sa vue; Cette fausse douceur est au-dessous de moi , Et ne vaudra jamais que je néglige un roi.
Mais i) est des plaisirs qu'une amante trahie Goûte au milieu des maux qui lui coûtent la vie:
364 SDRÉNA.
Je verrai Tinfidéle inquiet, alarmé D'un rival inconnu, mais ardemment aimé, Bencontrer à mes yeux sa peine dajos son crime , Par les mains de Thymen devenir ma victime.
Et ne me regarder, dans ce chagrin profond, Que le remords en Tame, et la rougeur au front. De mes bontés pour lui Fimpitoyable image, Qu'imprimera Famour sur mon pâle visage , Insultera son cœur; et dans nos entretiens Mes pleurs et mes soupirs rappelleront les siens. Mais qui ne serviront qu'à lui faire connoitre Qu'il pouvoit être heureux et ne sauroit plus rétre; Qu'à lui faire trop tard haïr son peu de foi , Et, pour tout dire ensemble, avoir regret à moi. Voilà tout le bonheur où mon amour aspire; Voilà contre un ingrat tout ce que je conspire; Voilà tous les plaisirs que j'espère à le voir, Et tous les sentiments que vous vouliez savoir.
OKODE.
C'est bien traiter les rois en personnes communes
Qu'attacher à leur rang ces gênes importunes,
Comme si, pour vous plaire et les inquiéter.
Dans le trône avec eux Tamour pbuvoit monter.
Il nous faut un hymen, pour nous donner des princes
Qui soient l'appui du sceptre et l'espoir des provinces ;
C'est là qu'est notre force; et, dans nos grands deslins,
Le manque de vengeurs enhardit les mutins.
Du reste, en ces grands nœuds l'état qui s'intéresse
Ferme l'œil aux attraits et l'ame à la tendresse:
La seule politique est ce qui nous émeut;