‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 233 sur 285 · ACTE V, SCÈNE III. 3i)i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. 3i)i

C'est tout ce que je puis que de ne dire rien. Forcez-le, s'il se peut, au nœud quejn déteste; Je vous hiisse un parler, dispensez-moi du reste i Je n'y mets point d'obstacle, et mon esprit confus... C'est m expliquer assez, n'exigez rien de plus.

Quoi' vous vous fijjurez que l'heureux nom de gendre,

Si ma perte est jurée, a de quoi m'en défendre.

Quand , malgré la nature, en dépit de ses lois.

Le parricide a fait la moitié de nos rois,

Qu'un frère pour réjjner se baigne au sany d'un frère,

Qu'un fils impatient prévient la mort d'un père?

Notre Orode lui-même , où seroit-il sans moi?

Mitradate pour lui niontroit-il plus de foi?

Croyez-vous Pacorus bien plus sur de Phradate?

J'en connois mal le cœur, si bientôt il n'éclate,

Et si de ce liant rang que j'ai vu l'éblouir.

Son père et son aîné peuvent long-temjis jouir.

Je n'aurai plus de bras alors pour leur défense.

Car enfin mes refus ne font pas mon offense;

Mon vrai crime est ma gloire, et non pas mon amour:

Je l'ai dit, avec elle il croîtra chaque jour;

Plus je les servirai, plus je serai coupable;

Et s'ils veulent ma mort, elle est inévitable.

Chaque instant que l'hymen pourroit la reculer

r^e les attacberoit qu'à mieux dissimuler.

Qu'à rendre, sous t'appàt d'une amitié tranquille,

L'attentat plus secret, plus noir, et plus facile.

Ainsi, dans ce grand nœud chercher ma sûreté.

C'est inutilement faire une lâcheté,

7„yA snilÉNA.

Souillûr En vain mou nom, ut vouluir qu'on m'itnpub;

D'avoir enseveli ma gloire sous mu cliute.

Mnis, dieux! se pounoit-il qu'ayant si bien servi,

Viir l'ordre de mon rui le jour me fut ravi?

Non, non: cest d'un bon oeil qu'Urodeme regarde;

Vous le voyez , ma sœur; je nui pas même un garde;

Je suis libre.

PAL MIS

Et j'en crains d'autant plus son courroux^ S'il vous faisoit garder, il répondroit de vous. Mais pouvcz-vous, seigneur, rejoindre votre suite? Étes-vous libre assez pour choisir une fuite? Gardc-t-on chaque porte à moins d'un grand dessein? V'our en rompre l'cITet il ne faut qu'une main. Par toute l'amitié que le sang duitattendre.

Pat- tout ce que l'amour a pour vous de plus tendre...

:i L II L iN A .

La tendresse n'est point de l'amour d'un héros; Il est honteux pour lui d'écouter des san^jlots; Fit, parmi la douceur des plus illustres flammes, Un peu de dureté sied Lien aux grandes âmes.

PALMIS.

Quoi! vouspouniez....

.SL'llLNA.

Adieu, Le trouble où je vousvoî Me l;ùi vous craindre plus que je ne crains le roi.

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