‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 251 sur 285 · ACT1-: 11, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACT1-: 11, SCÈNE

Que j'en eusse fuit tout mou Lieu?

Ou plutôt, s'ils avoient dessein de le reprendre, N'eût-il pas été mieux de ne me donner rien?

PSYCHlv.

Seigneur, redontez la colère De ces dieux contre qui vous osez éclater.

LE ROI

Api'ès ce coup, que petivent-ils me faire '.' Ils m'ont mis en état de ne rien redouter.

psYcriiî.

Ah! seifjneur, je tremble des crimes Que je vous fais commettre, et je dois me haïr.

LE aoi.

Ah! qu'ils souffrent du moins mes plnintcs légitimes! Ce m'est assez d'effort que de leur obéir; Ce doit leur être assez que mon cu!ur t'abandonne Au barbare respect qu'il faut qu'on ait pour eux, Sans prétendre {jéner la douleur que me donne L'épouvantable arrêt d'un sort si rigoureux.

Mon juste désespoir ne sauroit se contraindre; Je veux , je veux garder ma douleur à jamais ; Je veux sentir toujours la perte que je fais; De la rigueur du ciel je veux toujours me plaindre; Je veux jusqu'au trépas incessamment pleurer Ce que tout l'univers ne peut me réparer.

P.SÏCUÉ

Ah! de grâce, seigneur, épargm'z nii foiblcsse; J'ai besoin de constance en létat ou |i suis Ne fortifiez point l'excès de mes ennui!) Des larmes de votre tendresse.

4^4 PSYCHÉ

Seuls ils sont assez forts; et c est trop pour mon cœur De mon destin et de votre douleur.

LE fiOI.

Oui, je dois t'épargner mon deuil inconsolable. Voici Tinstant fatal de m'arracher de toi:

Mais comment prononcer ce mot épouvantable?

Il le faut toutefois, le ciel m'en fait la loi;

Une rigueur inévitable M'oblige à te laisser en ce funeste lieu.

Adieu: je vais.... Adieu.

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