‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 28 sur 285 · II.DIONK · texte numérisé non relu

II.DIONK

Que ces ordres nouveaux ne troublent point votre ame: C'étoit moi qu'on craignoit, et non pas vous, madame; Et ce glorieux choix qui vous met en courroux Ne tombe pas sur moi , madame, c'est sur vous. Il est vrai que sans moi vous n'y pouviez prétendre; Son coeur, tant qu'il m'<;i'it plu, s'en auroit su défendre; Il étoit tout à moi. Ne vous alarmez pas D'apprendie qu'il étoit au peu que j'ai d'appas; Je vous en fais un don; recevez-le pour gage Ou de mes amitiés ou d'un parfait hommage; Et, forte désormais de vos droits et des miens, Donnez à ce grand cœur de plusdigues liens.

IlONORIE.

C'est donc de votre main qu'il passe dans la mienne. Madame, et c'est de vous qu'il faut que je le tienne?

54 ATTILA

ILDIONE

Si VOUS ne le voulez aujourd'hui ans ma main, Craignez qu'il soit trop tard de le vouloir demain. Elle Taimera mieux sans doute dé la vôtre , Seigneur, ou vous ferez ce présent à quelque autre. Pour lui porter ce cœur que je vous avois pris , Vous m'avez commandé des refus , des mépris ; Souffrez que des mépris le respect me dispense, Et voyez pour le reste entière obéissance.

Je vous rends à vous-même, et ne puis rien de pli»; Et c'est à vous de faire accepter mes refus.

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