SCÈNE V
VlIlNUS, L'AMOUR, PSYCHÉ évanouie.
VÉKL'S.
La menace est resprctueuse;
Et d'un enfant qui ïait le révolté
La colère présomptueuse....
l'amodk.
Je ne suis plus enfant, et je l'ai trop été;
Et ma colère est juste aatant qu'impétueuse.
470 PSYCHÉ
VÉNtJS.
L'impétHôsilé s'en devtoit f fetettir, ' Et vous poùi^riei vMs ^ouvelûîr Que vous tue derez là niâite^tkCé.
Et vous pourriez n'oublier pas Que vous aviez un cœiïr ^t âes appa^
Qui relèvent de ma puisdàkyôe; Que mon arc de la vôtre est 1 unique soutien;
Que sans mes traits elle n'e^ rien;
Et que, si les cœurs lès plu's b<*avès En triomphe par vous se sont laissé traîner,
Vous navet jàtnais faSt d^esdàvies
Qûè (^ù± qu'il m^à plu d'ènchàfn^.
Ne me vantez donc plus ces dtY)$tÀ dé la naissance
Qui tyràtinisent nies desirè ; Et, si vous pe voulez perdre mille soupirs, Songez, en me voyant, à la reconnoissance,
Vous qui tenez de ma puissance
Et votre gloire et Vos plaisirs.
VÉNUS
Comment l'âvéz-vous défendue, Cette gloire dont vous parlez?
Comment me ravez-voùs rendue?
Kt quand vous avez vu mes autels désolés, Mes temples violés, Mes honneurs ravalés, Si vous avez pris part à tant d'ignominie, Comment en a-t-on vue punie Psyché qui me les a volés?
ACït: V, SCÈNE V. 471
Je voua ai commandé de la i-eridre charmée
Du plus vil de tous les mortels.
Qui ne daignât répondre à son itme enflammer Que par des rebuts éternels.
Par les mépris les plus cruels; Et vous-même Tavez aimée !
Vous avez contre moi séduit les immortels :
C'est pour vous qu'à mes yeux les Zéphyrs l'ont radiée; Qu Apollon même, suborné l'ar un oracle adroitement tourné , Me l'uvoit si bien arrachée.
Que si sa curiosité, Par une aveugle défiance, Ne l'eût rendue à ma ven{;eance.
Elle cchappoit à mon cœur irrité.
Voyez l'état où votre amour l'a mise, Votre Psyché; son ame va partir:
Voyez; et si la vôtre en est encore éprise,
llecevez son dernier soupir.
Menacez , bravez-moi , cependant qu'elle expire.
Tant d'insolence vous sied bien !
Et je dois endurer quoi qu'il vous plaise dire,
Moi qui sans vos traits ne puis rien!
l'a MOU n.
Vous ne pouvez que trop, déesse impitoyable;
Le Destin l'abandonne à tout votre courroux.
Mais soyez moins inexorable Aux prières, aux pleurs d'un fils à vos genoux. Ce doit vous être un spectacle assez doux De voii' d'un nil l'.syclié mourante.
472 PSYCHÉ
Et de Tautre ce fils, d'une voix suppliante, Ne vouloir plus tenir son bonheur que de vous. Rendez-moi ma Psyché, rendez-lui tous ses charmes:
Rendez-la, déesse, à mes larme»; Rendez à mon amour, rendez à ma douleur Le charme de mes yeux et le choix de mon cœur.
VÉNUS
Quelque amour que Psyché vous donne.
De ses malheurs par moi n'attendez pas la fin;
Si le Destin me Tabandonne,
Je Tabandonne à son destin.
Ne m'importunez plqs; et, dans cette infortune, Laissez-la sans Vénus triompher ou périr.
l'amour.
Hélas! si je vous importune, Je ne le ferois pas si je pouvois mourir.
VÉNUS
Cette douleur n'est pas commune, Qui force un immortel à souhaiter la mort.
l'amour.
Voyez par son excès si mon amour est fort.
Ne lui ferez-vous grâce aucune?
VÉNUS
Je vous l'avoue, il me touche le cœur.
Votre amour; il désarme, il fléchit ma rigueur.
Votre Psyché reverra la lumière.
l'amour.
Que je vous vais par-tout faire donner d'encens l
VÉNUS
Oui, vous la reverrez dans sa beauté première: