ACTE m, SCÈNE IV. r
Il est plus grand que toi, s'il a plus de vertu.
ATTILA
Sa vertu ni vos droits ne sont pas de grands charmes , A moins que pour appui je leur prête mes armes. Ils ont besoin de moi, s ils veulent aller loin; Mais pour éti'e empereur je n'en ai plus liesoin. Aétius est mort, l'empire n'a plus d lioimne, Etje puis ti-op sans vous me taire place à Uome,
HtmoniR.
Aétius est mort! Je n'ai plus de tyran; Je reverrai mon frère en Valentinian; Et mille vrais héros quoppriiiioit ce faux maître Pour me foire justice à l'envi vont paroitre. Ils défendront l'empire, et soutiendront mes droits En faveur des vertus dont j'aurai fait le clioix. Les grands cœurs n'oseut rien sous de si {grands mini.stres; Leur plus haute valeur n'a d'effets que sinistres; Leur gloire fait ombrage ù ces puissants jaloux Qui s'estiraeut perdus s ils m; les perdent tous. Mais après leur trépas tous ces grands cceurs revivent; Et, pour ne plus souffrir des fers qui les captivent. Chacun reprend sa place (:t remplit son devoir. La mort d' Aétius te le fera trop voir:
Si pour leur maître en toi je leur mène un barbare. Tu verras quel accueil leur vertu le prépare; Mais si d'un Valamir j'honore un si liaLit ranj;, Aucua pour me servir n'épargnera son sang.
Vous me faites pitié de si mal vous connoilre. Que d'avoir tant d'amour, et le faiie paioitre.
58 ATTILA
Il est honteux, madame, à des rois tels que nous,
Quand ils en sont blessés, d'en laisser voir les coups.
il a droit de régner sur les âmes communes,
Non sur celles qui font et défont les fortunes;
£t si de tout le cœur on ne peut Tarracher,
Il faut s'en rendre maître, ou du moins le cacher.
Je ne vous blâme point d'avoir eu mes fbiblesses,
Mais faites même effort sur ces lâches tendresses;
Et comme je vous tiens seule digne de moi,
Tenez-moi seul aussi digtie de votre foi.
Vous aimez Valamir, et j'adore Ildione:
Je me garde pour vous , gardez-vous pour mon trône :
Prenez ainsi que moi des sentiments plus hauts,
Et suivez mes vertus ainsi que mes débuts.
HONORIE.
{^rle de tes fureurs et de leur noir ouvrage.
Il s'y mêle peut-être une ombre de courage;
Mais, bien loin qu'avec gloire on te puisse imiter,
La vertu ties tyrans est même à détester.
Irai-je à ton exemple assassiner mon frère?
Sur tous mes alliés répandre ma colère,
Me baigner dans leur sang, et d'un orgueil jaloux....
■ ATTfLÀ.
Si nous nous emportons, j'irai plus loin que vous, Madame.
HONGRIE
Les grands cœurs parlent av«c franchise.
ATTILA
Quand je m'en souviendrai, n'en «tiyez pas surprise; Et si je vous épouse avec ce socrvenir,