‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 39 sur 285 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

AU r> A HIC.

Est-ce un crime pour lui qu'une douce espérance Que vous pourriez ailleurs porter la préférence?

ATTILA

Oui, pour lui, pour vous-même, et pour tout autre roi, C'eo est un que prétendre en même lieu que moi. Semparer d'un esprit dont la toi m'est promise. C'est surprendre une place entre mes mains remise; Et vous ne seriez pas moins coupable que lui, Si je ne vous voyois d'un autre œil aujourd'hui. A des crimes pareils j'ai dû même justice, Et ne choisis pour vous qu'un amoureux suppUce; Pour un si cher objet que je mets en vos bras, Est-ce un prix excessif qu'un si juste tiépas ?

ARDA nie.

Mais c'est déshonorer, seiyneur, votre liyménée Que vouloir d'un tel sang en marquer la journée.

ATTILA

Est-il plus grand honneur que de voir en mon choix Qui je veux à ma flamme immoler de deux rois , Et que du sacrifice où s'expiera leur crime, L'un d'eux soit le ministre, et l'autre la victime? Si vous n'osez parla satisfaire vos feux, Craignez que Valamir ne soit moins scrupuleux, Qu'il ne s'impute pas à tant de barbarie D'accepter à ce prix son illustre Honorie, Et n'ait aucune horreur de ses vœux les plus doux Si leur entier succès ne lui coûte que vous ; Car je puis épouser encor votie princesse, Et détourner vers lui l'effort de ma tendresse.

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