‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 47 sur 285 · ACTE V, SCÈNE III. Si · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. Si

Et si vous êtes roi, songez que nous le sommes.

ATTILA

Vous? devant Attila vous n'êtes que deux hommes; Et, dès qu'il m'aura plu d'abattre votre orgueil. Vos têtes pour tomber ti'attetidrout qu'un coup d'œil. Je fais grâce à tous deux de n'en demander qu'une : Faites-en décider l'épée et la Fortune; Et qui succombera du moins tiendra de moi L'hoeneur de ne périr que p;ir lu main d'un roi.

Nobles gladiateurs , dont ma colère aj)préte Le spectacle pompeux à cette grande fête.

Montrez, montrez un cœur enKn digne du rang,

Ali p A nie.

Votre main est plus faite à veiser de tel sang; C'est lui faire un affront que d'emprunter les nôtres,-

ATTIL:i.

Pour me faire justice il se ii trouvera d'autres :

Mais si vous renoncez aux objets de vos vœux,

Le refus d'une tête en pourra coûter deux.

Je révoque ma grâce, et veux bien que vos crimes

De deux rois mes rivaux me fassent deux victimes:

Et ces rares objets si peti dignes de moi

Seront le digne prix de cet illustre emploi,

{àjirdnric.) De celui de vos feus je frrai la coufpiête De quiconque à mes piiids abattra votre tête.

(à JJonorie.) Et comme vous paierez celle de Valamir, Nous aurons à ce prix des bourreaux à choisir; Et, pour nouveau supplice à de si belles flammes .

82 ATTILA

Ce choix né tombera cpie sur les plus infamôs.

HONOBIE.

Tu pourrois être lâche et cruel jusque-là?

Encor plus, s'il le faut, mais toujours Attila, Toujours Theureux objet de la haine publique^ Fidèle au grand dépôt du pouvoir tyrannique, Toujours....

HONGRIE

Achève, et dis que tu veux en tout lieu Être TefFroi du monde, et le fléau de Dieu.

Étale insolemment Tépouvantable image De ces fleuves de sang où se bàignoit ta rage. Fais voir....

ATTILA

Que vous perdez de mots injurieux A me faire un reproche et doux et glorieux!

Ce Dieu dont vous parlez, de temps en temps sévèi Ne s'arme pas toujours de toute sa colère; Mais quand à sa fureur il livre Tunivers, Elle a pour chaque temps des déluges divers.

Jadis, de toutes parts faisant regorger Fonde, Sous un déluge dVaux il abyraa le monde; Sa main tient en réserve un déluge de feux Pour le dernier moment de nos derniers neveux; Et mon bras, dont il fait aujourd'hui son tonnerre, D'un déluge de sang couvre pour lui la terre.

HONORIE.

Lorsque par les tyrans il punit les mortels.

Il réserve sa foudre à ces grands criminels

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