ACTE V, SCÈNE III
Qu'il donne pour supplice à toute la nature.
Jusqu'à ce que leur rage ait comblé la mesure. Peut-être qu'il prépaie en ce même moment A de si noirs forfaits l'éclat du châtiment, Qu'alors que ta fureur à nous perdre s'apprête Il tient le bras levé pour te briser la tête, Et veut qu'un grand exemple oblige de trembler Quiconque désormais t'osera ressembler.
ATTILA
Eh bien! en attendant ce changement sinistre, J'oserai ju.squ 'au bout lui servir de ministre, Et ftiire exécuter toutes ses volontés Sur vous, et sur des rois contre moi révoltés. Par des crimes nouveaux je punirai les vôtres. Et mon tour à périr ne viendra qu'après d'autres.
HfiKoint;.
Ton sang, qui chaque jour à longs flots distillés S'échappe vers ton frère et s\k rois immolés, ïe diroit-il trop bas que leurs ombres t'appellent? Faut-il que ces avis par moi se renouvellent? Vois, vois couler ce sang qui te vient avertir. Tyran, quepour les joindre il faut bientôt partii'.
ATTILA
Cen'est rien; et pour moi s'il n'est point d'autre fbndri J'aurai pour ce départ du temps à m'y résoudre. D'autres vous enverroient leur frayer le chemin; Mais j'en laisserai faire à votre grand destin, Et trouverai pour voua quelques autres vengeances, Quand l'humeur nm prendra de punir tant d'offenses
84 ATTILA