ACTE I, SCENE II. wr
Non qu'à trahir l'amour je ne me violente; ïiais il est juste enfin que <les soupirs secrets Me punissent d'aimer contre mes intérêts.
Daignez donc voir, seigneur, quelle route il faut prenc Pour ne poiat mimposer la honte de descendre. Tout mon cœur vous préfère à cet heureux rival; Pour m' avoir toute à vous, devenez sou égal. Vous dites qu'il vous aime; et je ne le puis croire Si je ne vois sur vous un rayon de sa gloire. On vous a vus tous deux sortir d'un même flanc; Ayez mêmes honneurs ainsi que même sang.
Dites-lui que le di-oit qu'a ce sang à l'empire...
DOMITIAN
C'est là ce qu'à mon tour j'aurai peine à lui dire. Madame; et le devoir qui n'y peut consentir,..
nOMITIE.
A mes vives douleurs daignez donc compatir.
Seigneur; j'achète assez le rang d'impératrice. Sans qu'un reproche injuste augmente mon supplice.
nOMlTlAN.
Eli bien! dans cetliymen, qui n'en a que pour moi . J'npplaudlrai moi-même à voire peu de foi; Je dirai que le ciel doit à \ olre mérite...
UOMITIK.
Non, seigneur; faites mieux, et quittez qui vous quilti- Rome a mille |ïeautcs dignes de votre ca-ur; Mais dans toute la terre il n'est qu'un empereur. Si mon père avoit eu les sentiiQonls du vôtre, Je vous aurois donné ce que j'attends d'un autre; Et ma flamme en vos main.s ent mis sans halancet
Le sceptre qu'en la mienne il auroit dû laisser.
Laissez à son défaut suppléer la fortune,
Et n'ayez pas une ame assez basse et commune
Pour s'opposer au ciel qui me rend par autrui
Ce que trop de vertu me fit perdre par lui.
Pour peu que vous m'aimiez, aimez mes avantages :
Il n'est point d'autre amour digne des grands courage
Voilà toute mon ame. Après cela, seigneur.
Laissez-moi m'épargner les troubles de mon cœur.
Un plus long entretien ne pourroit rien produire
Qui ne pût malgré moi vous déplaire, ou me nuire.