‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 73 sur 285 · DOMITIE, TITE, DOMITIAN, ALBIN · texte numérisé non relu

DOMITIE, TITE, DOMITIAN, ALBIN

PLAOTINE.

TITE

Parlez, parlez, madame, et daignez nous apprendre Où porte votre cœur, ce qu'il sent de plus tendre, Qui le possède entier de mon frère ou de moi ?

DOMITIE.

En doutez-vous, seigneur, quand vous avez ma foi?

TITE

J'aime à n'en point douter, mais on veut que j'en doute

On dit que cette foi ne vous donne pas toute ,

Qae ce coeur reste ailleurs. Parlez en liberté,

Et n en consultez point cette noble fierté,

Ce digne orgueil du sang que mon rang sollicite ;

De tout ce que je suis ne regardez que Tito;

Et pour mieux écouter vos désirs les plus doux.

Entre le prince et moi ne regardez que vous.

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Que dans votre ame Vous laissez vivre encor notre première flamme; Et qu'en faveur du rang, si vous m'osez trahir, Ce n est pas tant aimer, madame, qu'obéir.

C'est en dire un peu plus que vous n'aviez envie : Mais il y va de vous, il y va de ma vie; Kt (pii se voit si près de perdre tout son bien, Se lait arme de tout, et ne ménage rien.

DOMITIE.

Je ne sais de vous deux, seigneur, à ne rien feindre,

l)u([uel je dois le plus me louer ou me plaindre.

C'est aimer assez mal, que remettre tous deux

Au choix de mes désirs le succès de vos vœux;

Kt cette liberté par tous les deux offerte,

Montre; que tous les deux peuvent souffrir ma perte,

Et ([lie tout leur amour est prêt à consentir

Que mon coîur ou ma foi veuillent se démentir.

Je me plains de tons deux, et vous plains Tun et l'autre

Si pour voir tout ce c(junr vous m'ouvrez tout le vôtre.

fiC prince n'agit pas en amant fort discret;

S il ne m impose rien, il trahit mon secret :

Tont ce ([u'il vous en dit m'offense ou vous abuse.

M;iis ce (|ue fait lamour, l'amour aussi l'excuse.

(// Tilc.) Vous, sei(;nenr, )e croyois (jue vous m'aimiez assez Vonv m é|)ar(;!ier le trouhie on vous m'cMnharrassez, Va laisser pour couieuià mon peu de constance

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