ACTE I, SCÈNE II. aS
Est-ce comme il me faut tirer J'inquiôtiide,
Que de plonger mon ame en plus <rjiicei'tilude?
Et pour vous prévaloir de mes perplexités
Choisissez-vous exprès ces contrariétés';'
Plus jen tends raisonner, et moins on détermine;
Chacun dans sa pensée également s'obstine;
Et quand par vous je cherche à ne plus balancer.
Tous cherchez l'un et l'autre û mieux m'embarrasser!
Je ne demande point de si diverses routes :
Il me faut des clartés, et non de nouveaux doutes;
Et quand je vous confie un sort tel que le mien ,
C'est m'offenser tous deux que ne résoudre rien.
VAI.AMIB.
Seigneur, chacun de nous vous parle comme il pense. Chacun de ce grand choix vous fait voir l'importance; Mais nous ne sommes point jaloux de nus avis. Croyez-le, croyez-moi, nous en serons ravis; Ils sont les purs effets dune amitié fidèle, De qui le zèle ardent....
Unissez doue ce zèle, Et ne me forcez point à voir dans vos débats Plus que je ne veux voir, et.... Je n achève pas. Dites-moi seulement ce qui vous intéiesse A protéger ici l'une et l'autre princesse.
Leurs frères vous ont-ils, à force de présents. Chacun de son côté, rendus leurs partisans?
Est-ce amitié pour l'une, est-ce haine pour l'autre^ Qui forme auprès de moi son avis et le vôtre?
H ATTILA
Par quel dessein de plaire ou de vous agrandir.... Mais derechef je veux ne rien approfondir, Et croire qu'où je suis on n a pas tant d'audace. Vous, si vous vous aimez, faites-vous une grâce; Accordez-vous ensemble, et ne contestez plus, Ou de lune des deux ménagez un refus, Afin que nous puissions en cette conjoncture A son aversion imputer la rupture.
Employez-y tous deux ce zélé et cette ardeur Que vous dites avoir tous deux pour ma grandeur. J'en croirai les efforts qu'on fera pour me plaire » Et veux bien jusque-là suspendre ma colère.