SCÈNE V
TITE, BÉRÉNICE, ELAVIAN, PHIEON.
liKllKNICE.
Me cherchez-vous, seijjneur, après m'avoir chassée?
TrTi:.
Vous avez su mieux bre au fond de ma pensée.
Madame; et votre cœur connoît assez le mien Pour me justifier sans que j'explique rien.
HiÏKKKlCK.
Mais justi6era-t-il h; don qu'il vous plaît faire De ma propre personne au prince votre frèi"e? Et n'est-ce point assez de me manquer de foi, Sans prendre eiicor le droit de disposer de moi?
Pouvez-vous jusque-là me banuir de votre ame? Le pouvez-vous, seigneur?
TITE
Le croyez-vous, madaine?
BÉRÉNICE
Hélas! que j'ai de peur de vous dire que non! J'ai voulu vous haïr dès que j'ai su ce don : Mais à de tels courroux Faîne en vain se confie; A peine je vous vois que je vous justifie.
Vous me manquez de foi, vous me donnez, chassez. Que de crimes! Un mot les a tous effacés.
Faut-il, seigneur, faut-il que je ne vous accuse Que pour dire aussitôt que c'est moi qui m'abuse, Que pour me voir forcée à répondre pour vous? Épargnez cette honte à mon dépit jaloux; Sauvez-moi du désordre où ma bonté m'expose, Et du moins par pitié dites-moi quelque chose; Accusez-moi plutôt, seigneur, à votre tour.
Et m'imputez pour crime un trop parfait amour.
Vos chimères d'état, vos indignes scrupules, Ne pourront-ils jamais passer pour ridicules? En souffrez-vous encor la tyrannique loi?
Ont-ils encor sur vous plus de pouvoir que moi? Du bonheur de vous voir j'ai l'ame si ravie, Que, pour peu qu'il durât, j'oublierois Domitie. Pourrez-vous l'épouser dans quatre jours? O cieux! Dans quatre jours, seigneur, y voudrez-vous noes yeui Vous plairez-vous à voir qu'en triomphe menée Je serve de victime à ce grand hyménée; Que, traînée avec pompe aux marches de l'autel,