DOMITIAN, DÉKÉINICE, PHILON, ALBIN
Auriet-vous au sénat, seigneur, assez de brigue Pour combattre et confondre une insolente ligue? S'il ne s'assemble pas exprès pour m' exiler. J'ai quelques envieux qui pourront en parler. L'exil m'importe peu , j'y suis accoutumée; Mais vous perdez l'objet dont votre ame est charm L'audacieux décret de mon bannissement
i5i TITE ET BÉRÉNICE.
Met votre Domitie aux bras d'un autre amant; Et vous pouvez juger que, s'il faut qu'on m'exile. Sa conquête pour vous n'en est pas plus facile. Voyez si votre amour se veut laisser ravir Cet unique secours qui pourroit le servir.
On en pourra parler, madame; et mon ingrate
En a déjà conçu quelque espoir qui la flatte :
Mais je puis dire aussi que le rang que je tiens
M'a fait assez d'amis pour opposer aux siens;
Et que , si dès l'abord ils ne les font pas taire.
Us ix)mpront le grand coup qui seul nous peut déplair
^'ou que tout cet espoir ne coure grand hasard
Si voa^e amant volage y prend la moindre part :
On 1 aime; et si son ordre à nos amis s'oppose >
Leur plus fidèle ardeur osera peu de chose.
BÉRÉNICE
Ah, prince! Je mourrai de honte et de douleur Pour peu qu'il conti'ibue à faire mon malheur : ]Mais je n'ai qu'à le voir pour calmer ces alarmes.
DOMITIAS.
]N'y perdez point de temps; portez-y tous vos charmes ^'en oubliez aucun dans un péril si grand.
Peut-être, ainsi que vous, ce dessein le surprend; Mais je crains qu'après tout son ame irrésolue Ne relâche un peu trop sa puissance absolue, Et ne laisse au sénat décider de ses vœux Pour se faire une excuse envers l'une des deux.
BÉRÉNICE
(Quelques efforts qu'on fasse, et quelque art qu'on dépl