‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 111 sur 292 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

SOPHONISBE, MASSINISSE, ÉRYXE, MÉZÉTULLE, HERMINIE, BARCÉE.

ÉRYXE.

Une seconde fois tout a changé de face , Madame^ et c'est à moi de vous quitter la place. Vous n'aviez pas dessein de me le dérober?

SOPHONISBE

L'occasion qui platt souvent fait succomber. Vous puis-je en cet état rendre quelque service ?

ERYXE.

L'occasion qui platt semble toujours propice ; ,

Mais ce qui vous et moi nous doit mettre en souci ^ . C'est que ni vous ni moi ne commandons ici.

SOPHONISBE

Si vous y commandiez , je pourrois être à plaindre.

ERYXE.

Peut-être en auriez-vous quelque peu moins à craindre. Ceux'dônt avant deux jours nous j prendrons des loîs^ Regardent d'un autre œil la majesté des rois. Étant ce que je suis, je redoute un exemple ; Et reine , c'est mon sort en vous que je coutemple .

SOPHONISBE

Vous avez du crédit, le roi n'en manque point ; Et si chez les Romains l'un à l'autre se joint....

ERYXE.

Votre félicité sera long-temps parfaite.

!ii4 SOPHONlSBE.

S'ils la laissent durer autant que je souhaite. Seigneur, en cet adieu receveas-en ma foi. Ou me donnez quelqu'un qui réponde de moi. La gloire de mon rang, qu'en vous deux je respecte, Ne sauroit consentir que je vous sois suspecte. Faites-moi donc justice, et ne m'imputez rien Si le ciel à mes vœux ne s'accorde pas bien. '

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