‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 118 sur 292 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

SYPHAX, LÉPIDE; gardes.

SYPHAX

A-T-ON VU SOUS le ciel plus infime mjustice?

Ma déroute la jette au lit de Massinisse ;

Et, pour justifier ses lâches trahisons y

Les maux qu'elle a causés lui servent de raisons !

LÉPIDE

Si c'est avec chagrin i]ue vous souffrez sa perte , Seigneur^ quelque espérance encor vous est offerte. Si je l'ai bien compris ^ cet hymen imparfait N'est encor qu'en parole, et n'a point eu d'effet; Et comme nos Bjomains le verront avec peine. Us pourront mal répondre aux souhaits de la reine. Je vais m'assurer d'elle, et vous dirai de plus, Que j'en viens d'envoyer avis à Lselius ; J'en attends nouvel ordre , et dans peu je Fespère.

▼îetix mari qui vient revoir sa femme » et qui la trouve mariée à un autre , ferait aujourd'hui un effet très ridicule. On n'aime de telles aventures que dans les contes de La Fontaine et dans des farces. Les mots de roi , de couronne , de diadème , loin de mettre de la dignité dans une aventure si peu tragique , ne servent qu'à faire mieux sentir le contraste de la tragédie et de la comédie. Syphax est si prodigieusement avili , qu'il est impossible qu'on prenne à lui le moindre intérêt. Four peu qu'on pèse toutes ces raisons , on verra qu'à h. longue une nation éclairée est toujours juste , et que c'est en se formant le goût que le public a rejeté Sophonhbe.

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