‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 117 sur 292 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

Quand vos sujets ont cru que sans devenir traîtres Ils pouvoient après vous se livrer à vos maîtres. Votre exemple est ma loi, vous vivez et je vi; ' Et si vous fussiez mort je vous aurois suivi : Mais si je vis encor, ce n'est pas pour vous suivre; Je vis pour vous punir de trop aimer à vivre; Je vis peut-être encor pour quelque autre raison Qui se justifira dans une autre saison. Un Romain nous écoute ; et quoi qu'on veuille en croire , Quand il en sera temps je mourrai pour ma gloire.

Cependant, bien qu un autre ait le titre d époux, Sauvez-moi des Romains, je suis encore à vous; Et je croirai rëgner malgré votre esclavage , Si vous pouvez m'ouvrir les chemins de Càrthage. Obtenez de vos dieux ce miracle pour moi , Et je romps avec lui pour vous rendre ma foi. Je Faimai; mais ce feu dont je fus la maîtresse, Ne met point dans mon cœur de honteuse tendresse; Toute ma passion est pour la liberté , Et toute mon horreur pour la captivité.

Seigneur,. après cela je n'ai rien à vous dire : Par ce nouvel hymen vous voyez ou j'aspire; Vous savez les moyens d'en rompre le lien : Réglez-vous là-dessus sans vous plaindre de rien. *

' n est bon que , dans la poésie , on puisse sapprimer ou ajouter des lettres selon le besoin, sans nuire à Tharmouie; Je foi, je vi, je croit fe doi, ^vkr Je fais , Je via^Je'croia, )e dois , etc.

• Cette scène n'est pas de la froideur des autres , par cette seule raison qne la situation est embarrassante ; mais cette situation n'est ni noble ) ni tragique; elle est révoltante, elle tient du comique. Un

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