ACTE IV, SCÈNE IIL
Que j'ai mal employé mon sang et mes services^ Quand je les ai prêtés à vos astres propices , Si j'ai pu tant de fois hâter votre destin. Sans pouvoir mériter cette part au butin !
LJELIUS.
Si TOUS avez , seigneur , hâté notre fortune , Je yeux bien que la proie entre nous soit commune; Mais pour la partager, est-ce à vous de choisir? Est-ce ayant notre aveu qu'il vous 'en faut saisir?
MASSIiyiSSE*
Ah ! si vous aviez fait la moindre expérience De ce qu'un digne amour «donne d'impatience •; Vous sauriez. . . . Mais pourquoi n'en aurîez-vbus pas feit ? Pour aimer à notre âge en est-on moins pairfàit? Les héros des Romains ne sont-ils jamais hommes? Leur Mars a tant de fois été ce que nous, sommes I Et le maître des dieux , des rois , et des amants, En ma place auroit eu mêmes empressements. Taimois, on l'agréoît, j'étois ici le maître*j[ Vous m'aimiez, ou du moins vous le faisiez paroître.. L'amour en cet état daigne-t-îl hésiter Faute d'un mot daveu dont il n'ose doutei^? ' Voir son bien en sa main et ne le poi^t reprendre. Seigneur, c'est un respect bion difficile ^ rendre. Un roi se souvient-il en des moments si doux Qu'il a dans votre camp des ip«|ttres^panni.ViOi^? Je l'ai dû toutefois, et je m'en tieii»ooup«Ue« Ce crime est-il si grand qu'il soit îrr^pàfâbfe? ' Et sans considérer mes services passés , Sans excuser l'amour par qui nos cœurs forcés... »
a^ SOPHONISBE.
LALIUS.
Vous parlez tant d'amour^ qu'il faut que je confesse Que j'ai honte pour vous de Voir tant de foiblesse. '
PTallégucfz; point les dieux >^ si l'on Voit quelquefois Leur flamme s'emporter en fe^eur de leur choix : Ce n'est qu'à leuf s pareils à suivre leurs exemples : Et vous ferez comme eux quand vous aurez des temples; Comme ils sont dans le ciel au-^dessus du danger^ Us n^ont là rien à craindï^è ^t rien à ménager.
Du reste y je sais bien que souvent il arrive Qu'un vainqueur s'adoucit auprès de sa captive. Les droits de la victoire auti quelque liberté Qui ne sauroit déplaire à notre âge indomte : Mais quand: à cette ardeur un monarque défère >
» Il y a bien de la force et de la dignité dans les ver» suivans : c'est ce morceau singulier, ce sont quelques autres tirades contre la passion de Famour qui ont fait dire asees mal à propo» que Cot^ neille avait dédaigné derepréscntet sea.bérod amoureux. Lo discours de Lsolius est noble , et a quelque cbose de sublime ; mais vous .sentez que plus il est grand , plus il rend ^^assinisse petit. Massînisse est le pi<en^er personnage de la -pièàé , puisque c'est lai qui est passionné et infortuné : d^ qi^ece, pràièier personnage devient un subalterne traité avec mépris pai; sop supérieur , il ne peut plus être souffert, n est impossible , comme on Ta déjà dit , de s'intéresser à ce qu'on ihêprise. Quand le vieux don Diégue dit à Rodrigue , son ûU :
L*amonr n'est qn*ttn plaisir, llioanehr est un devoir,
il n'avilit point Rodrigue, il le rend même plu» intéressant, en mettant aur prises 'sa passion avec l'amour filial ; mais si un «ivpyé de Pompée- Tenait reprocher A Mithridïrte sa faiblesse pour Moi|ime; s'il insultait ayçc lihe déiisiou aaeuére pi^u ridicule d'un vieillard amoureux, jaloux de ses deux enfans, Milbridate ,i|e serait plus snpportable.
Il parait que Liëlias se moque continuellement de Massinisse , et