ACTE IV, SCÈNE III. aîi
Mais à présent Garthâge en a le démenti. En reprenant mbn bien j'ai détruit son ouvrage > Et vous fais dès ici triompher de Gârthagé. l
LALIITS.
Commencer ayant nous un triomphe si haut y Seigneur, c'est la braver un peu plus qu'il ne faut. Et mettre entre elle et RowHe une étrange balance ^ Que de confondre ainsi l'une et l'^autre alliance , - Notre and tout ensemble et gendre d'Asdrubal. Croyez-moi, ces deux noms s'accordent assez mal ; Et, quelque grand dessein que puisse être le vôtre, Vous ne pourrez long-4emps conserver l'uh et l'autre.
Ne vous figurez pbint qu'une telle moitié Soit jamais compatible avec notre amitié , Ni que nous attendions que le même artifice Qui nous ôta Syphax nous vole Massinisse. Nous aimons nos amis, et même en dépit d'eux Nous savons les tirer de ces pas dangereux^ Ne nous forcez à rien qui vous puisse déplaire.
MASSIiriSSE.
Ne m'ordonnez donc rien que je ne puisse faire; Et montrez cette ardeur de servir vos amis, ; A tenir hautement ce qu'on leur a promis. Du consul et de vous j'ai la parole expresse; Et oe grand jour a fait que tout obstacle cesse. Tout ce qui m'appartient me doit être rendu.
I^J^ÉIUS.
Et par où cet esp&ir vous est-il défendu? ,
MASSINISSE. . : . .'
Quel ridicule espoir en*garderoit mon âme.
33a SOPHONISBE.
Si votre dureté me refuse ma femme ?
Est-il rien plus à inoi^ rien moins à balancer?
Et du reste par là que me. faut-il penser?
Puis-je faire aucun fonds sur la foi qu'on me donne^
Et traité comme esclave attendre ma couronne ?
LiBLIUS.
Nous en avons ici les ordres du sénat ^
Et même de Syphax il y joint tout l'état :
Mais nous n'en avons point touchant cette captive;
Syphax est son époux ^ il faut qu'elle le suive.
MASSINISSE
Sjrphax est son époux! et que suis-je, seigneur?
LJELIUS.
Consultez la' raison plutôt que votre cœur; Et voyant mon devoir , souffrez que je le fasse.
MASSINISSE
Chargez^ chargez*moi donc de vos fers en sa place; Au lieu d'un conquérant par vos mains couronné^ Traînez à votre Rome un vainqueur enchaîné. Je suis à Sophonisbe^ et mon amour fidèle Dédaigne et diadème et liberté sans elle ; Je ne veux ni régner ni vivre qu'en ses bras : Non, je neveux....
LiELIUS.
Seigneur, ne vous emportez pas.
MASSINISSE
Résolus à ma perte, hélas ! que vous importe Si ma juste. douleur se retient ou s'emporte? Mes pleurs et mes soupirs vous fléchiront-ils mieux? Et faut-il à genoux vous parler comme aux dieux?