‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 146 sur 292 · ACTE V, SCÈNE VIL st · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL st

Par votre ordre on la quitte ; et cet ami fidèle Me pourroit, au même ordre, abandonner comme elle*

Disposez de mon sceptre, il est entre vos mains : Je yejjo. bien le porter au gré de vos Romains. Je suis femme , et mon sexe accablé d'impuissance Ne reçoit point d'affront par cette dépendance; Mais je n'aurai jamais à rougir d'un époux Qu'on voie ainsi que moi ne régner que sous vous.

LJELIUS.

Détrompez-vous, madame ; jet voyez dans l'Asie Nos dignes alliés régner sans jalousie , Avec l'indépendance, avec l'autorité '

Qu'exigé de leur rang toute la majesté. Regardez Prusias, considérez Attale, Et ce que souffre en eux la dignité royale ; Massinisse avec vous, et toute autre moitié. Recevra même honneur et pareille amitié. Mais quant à Sophonisbe, il m'est permis de dire Qu'elle est Carthaginoise, et ce mot doit suffire. Je dirois qu'à la prendre ainsi sans notre aveu. Tout notre ami qu'il est, il nous brâvoit un peu; Mais comme je lui veux conserver votre estime , Autant que je le puis je d^[uise son crime , Et nomme seulement imprudence d'état Ce que nous aurions droit de nommer attentat. Mais Lépide déjà revient de chez la reine.

256 SOPHONISBE

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