‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 147 sur 292 · SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL

L^LIOS, ÉRYXE, LÉPIDE, BARCÉE.

LJEIilUS*

Qu'ave2-vous obtenu de cette âme hautaine ?

LÉPIDÉ.

Elle avoijt trop d'orgueil pour en rien obtenir : De sa haine pour nous elle a su se punir.

LiELIUS.

Je Favois bien prévu ^ je vous l'ai dit moi-même , Que ce dessein de vivre étoit un stratagème , Qu'elle voudroit mourir : mais ne pouviez-vous pas....

LEPIDE

Ma présence n'a fait que bâter son trépas.

A peine elle m'a vu^ que d'un regard farouche; Portant je ne sais quoi de sa main à sa bouche^ (( Parlez, m'a^t-elle ^h, je suis en sûreté, w Et recevrai Votre ordre avec tranquillité. » Surpris d'un tel discours, je l'ai pourtant flattée; J'ai dit qu'en grande reine elle seroit traitée , Que Scipion et vous en prendriez souci ; Et j'en voyois déjà son regard adouci , Quand d'un souris amer me ooupant la parole., ce Qu'aisément, reprend-elle, une âme se consolai c( Je sens vers cet espoir tout mon cœur s'échapper, « Mais il est hors d'état de se laisser tromper; (K Et d'un poison ami le secourable office

Page 1