SCÈNE IL
VINIUS, O'rtiON.
YINIUS.
Je crois que vous m'aimez, seigneur, et que ma fille Vous &it prendre intérêt en toute la Êimille.
tiques n'étaient pas propres an théâtre , qu'il fallait parler au cœnr^ observer les règles de la langue » s'exprimer avec clarté et avec élé*gance, ne jamais rien dire de trop, préférer le sentiment au raison-^ nement : il le pouvait ; il ne l'a fait dans aucune de ses dernières pièces. Elles donnent de grands regrets.
> La pièce commence à faiblir dès cette seconde scène. On voit trop que la tragédie ne sera qu'une intrigue de cour , une cabald pour donner un successseur k Galba. C'est là de quoi fournir un«
^76 ÔTHON.
Il en faut une preuve , et non pas seulement
Qui consiste aux devoirs dont s'empresse un amant ;
douzaine de lignes à un historien , et quelques pages à des écrivains d'anecdotes; mais ce n'est pas U un sujet de tragédie. Olhon est beaucoup moins théâtral que Sophoniêbe ,' et bien moins heureux encore que Serlorius, Agétilaa , qui suit , est moins théâtral encoi« qa^Othon. Jje succès est presque toujours dans le sujet; ce qui le prouve , c'est que Théodore , Sophoniêbe , la Toiaon éTOr, "Periha" rite, Othon , jigéêHcia , Suréna, Pnhhérie, Bérénice, jiUi/a , pièces que le public a proscrites y sont écrites à peu prés du même style que Rodogune , dont on revoit le cinquième acto et quelques autres morceaux avec tant de plaisir. Ce sont quelquefois les mêmes beautés, et toujours les mêmes défauts dans l'élocution. Partout vous trouvei^es des pensées fortes et des idées alambiquées , de la hauteur et de la familiarité , de l'amour mêlé de politique , quelques vers heureux , et beaucoup de mal faits , des raisonnemens , des contestations, des bravades. Il est impossible de ne pas reconnaître la même main. D'où peut donc venir la différence du succès , si ce n'est du fond même du dessin ? JCjes défauts de style, qui ne se remarquent pas dans le beau spectacle du cinquième acte de Rodogune^se font sentir quand le sujet ne les couvre pas, quand l'esprit du spectateur refroidi a la liberté d'examiner la diction , l'inconvenance , rirrégularilé des phrases , les solécismes. Je sais bien qu'QBdJpe était un très beau sujet ; mais ce n'est pas le sujet de Sophocle que Corneille a traité, c'est l'amour de Thésée et de Dircé mêlé avec la fable d'OEdipe ; c'est une froide politique jointe à un froid amour qui rend tant de pièces insipides.
Unefiile qui fait prendre intéréi en iouie ia famille; dea devoirs dont a*empresse un amant ; Galba qui refuêe êon ordre à t effet de nos vœux ; de tair dont nous noua regardona ; une vérité qu'on tfoit trop manifèate ; du tumulte excité; p^itelUua qui arrive avec aa force Unie ; ce qu'il a de vieux corps ; de qui ae t immola ; ramener les espritapar un Jeune empereur; il a remia exprèa à tantôt d'en resoudre; il ira du côté de Liacua ; ces gronda jaloux ; un œil baa; une prinçeaae qui a'eal mise à aourtre : tout c^a est, â la vérité, très défecteux. Le fond du discours de Vinius est raisonnable; mais ce m'est pas assez.