SCÈNE III
PLAUTINE, VINIUS, OTHON.
PLAÏJTIKE*
Non pas, seigneur, non pas : quoi que le ciel m'envoie. Je ne veux rien tenir d'une honteuse voie ; Et cette lâcheté qui me rendroi^ son cœur, Sentiroit lé tyran , et non pas l'empereur. ' A votre sûreté , puisque le péril presse ,* J'immolerai ma flamme et toute ma tendresse ; Et je vaincrai l'horreur d'un si cruel devoir *
' Cette troUième Kepe ia8t|fi& tiéjà co qu'on doit pr^oîi^ , ,qae ce n'est pas là une tragédie. Plaolipe écoutait à la porte, et elle vient interrompre son père pour diçe en vers durs et obscurs , qu'elle ne voudrait point un jour épouser son amant , si cet amant marié à une autre ne pouvait revenir  elle qtie par un di'vorde/ Non seulement c'est manquer à la bienséance, mais qtiel faible intérêt, quel froid sujet d'une scène f qu'une fille qui., sans être appelée , vient dire à son père, devant son amant, ce qu'elle ferait un joiur , si ce froid amant voulait l'épouser en troisièmes iiocesf £lle serait, en effets la troisième femme d'Othon , qui l'épouserait après avoir répudié Poppée et Camille.
* Vaincre t horreur d'tm oruei devoir; oe qtt'à âea désire eiie fait
a84 OTHON.
Pour conserve^ le jour à qui me Fa fiiit voir : Mais ce qu'à -mes désirs je fais dé violence y Fuit les hoiïteùx appas d!une indigne espérance; Et la vertu qui domté et bannit mon amour : N'en souffrira: janiais qu'un vertueux retour.
OXHONi
Ah ! que cette vertu m'apprête un dur supplice , ^eigneur ! et le moyen q\i^ je yptis obéisse? Voyez ; et, s'il se peut, pour voir tout mon tourment^ Quittez vos yeux de père, et/prenez-^n d'amant. '
VINIUS.
L'estime de mon san^ lié m'eét pas interdite ;
Je lui vois des attraits, je lui vois du mérite;
Je crois qu'elle en a même assez pour engager ,
Si quelqu'un nous perdoit^ quelque autre à nous venger.
Par là nos ennemis la tiendront redout^le;
Et sa perte par là devieilt inévitable.
Je vois dejplus, seigneur, que jçi n'obtiendrai riçn,
Tant que votre œil blessé, rencontrera le;sien.
Que le temps se va perdre en répliques frivoles;
Et pour les éviter j'achève en trois paroles.
Si vous manquez le trône, il faut périr tous trois.
Prévenez, attendez cçt ordre à votre choix.
Je me remms.à vous de ce qui: vous regarde ;
de violence , pour fuir /«» appas hor^ieus d'une etpérance indigne ; la vertu qui domie.et bannit ràmotfr, et qui iCen souffre qu'un vertueux retour ,• ce soni là des expreesions qui dffaiblimient les plus' beaux sentimens.
' Ce vers ne prépare pas un intérêt tragique , et ce défaut revient soureût dans tontes ces dernières tragédies.