‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 167 sur 292 · ACTE ir, SCÈNE IL sgS · texte numérisé non relu

ACTE ir, SCÈNE IL sgS

Madame.

PLÀUTIIVE*

Quoi! Ga^ voudrok suÎTre mon choix?

Non : mais de son conseil nous ne sommes que trois : Et si pour votre Othon vous voulez mon suffrage^ Je vous le viens offrir avec un humble hommage.

PLAUTINE.

Avec?

MARTIAN

Avec des vœux sincères .et soumis , Qui feront encor plus. si l'espoir m'est permis.

PLAUTINE.

Quels vœux, et quel espoir?

MARTIAN

Cet importait service , Qu'un si profond res{)ject vqus offres en sacrifice....

gnait d*lntrodaire l'amour «nr la scène , était tellement accoutqivé k faire parler d'amour ses héros , qu'il représente ici un vieux ministre d'état comme amoureux de Poutine; et cette Plautine lui répond par des injures. On peut . dans les mouvemens violens d'une passion trahie y et dans l'excès dii malheur , s'emporter en reproches; mais Plautine n'a »u/cane raison de parler ainsi an premier ministre de l'empereur qui la demande en mariage : ce trait est contre la hienséance et contre la raison : ce qui est bien plus extraordinaire, c*e8t que Marlian, à qui Plautine fa|t le plus sanglant outrage , en lui reprochant très mal à propOs sa naissance, lui dise ensuîter, Madame , encore un coup , souffrez que je .vùue aime, I/amonr de ce ministre, les réponses de Plautine, et tout jce dialogue, révoltent et refroidissent. Ce n'est là ni peindre les hommes comme ils sont, ni comme ils doivçnt être , ni les fairç patler comme ils doivent parler.

PLAUTINE.

Eh bieni il remplira mes désirs ies plus doux; Mais po}ir reconnoissânce enfin que voulez-vous?

MARTIAN

La gloire d'être aimé.

PLAUTINE.

De qui ?

MARTIAN

De VOUS, madame.

PLAUTINE.

De moi-même?

MARTIAN

De VOUS : j'ai des yeux; et mon âme....

PLAUTINE.

Votre âme, en me faisant cette civilité, '

Devroit l'accompagner de plus de vérité.

On- n'a pas grande foi pour tant de déférence.

Lorsqu'on voit que la suite a si peu d'apparence.

L'offre sans doute est belle, et bien digne d'un prix;

Mais en le choisissant vovis vous êtes mépris.

Si vous me connoissiez vous feriez «mieux- parottre....

' Une âme qui faut une ehniité/ le mai qui vient à un vieux miniaire d'état (et c'est le mal d'amour) ; et Ma^itine qni répond à ce ministre qu'il n'a point changé de viaàge ; et. l'antre qui réplique qu^il a- Voreiile du grand maître !

Que dire d'an tel dialogue? On est obligé de falîre nn commentaire : que ce oommentaire au moins serre à faire connaître qne son anteur vend justice; il ne connaît aucune occasion où l'on doive déguiser la vérité. Plautine montre de la hauteur ; et si cette hauteur menait à quelque chose 'de tragique , elle pourrait faire impression* Rémarquona encore que de la hauteur n'est pas de la grandeor.

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