‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 172 sur 292 · ACTE II, SCÈNE IV. 3o · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. 3o

Et la Lusitanie a tu ce même Othon Gouverner en César ^ et juger en Caton. Tout favori dans Rome , et tout maître en province^ De lâche courtisan il s y montra grand prince ; Et son âme ployante f attendant l'avenir , Sait faire également sa cour^ et la tenir. Sous un tel souverain nous sommes peu de choëe; Son soin jamais sur nom tout-à*-fait ne repose : Sa main seule départ ses libéralités; Son choix seul distribue états et dignités. Du timon qu'il embrasse il se fait le seul guide ^ Consulte et résout seul , écoute et seul décide ; Et quoi que nos emplois puissent faire de bruit, Sitôt qu'il nous veut perdre , un coup d'oril nous détruit.

Voyez d'ailleurs Galba , quel pouvoir il nous laisse , En quel poste sous lui nous a mis sa foiblesse. Nos ordres règlent tout, nous donnons, retranchons; Rien n'est exécuté dès que nous l'empêchons : Comme par un de nous il faut que tout s'obtienne. Nous voyons notre cour plus grosse que la sienne ; Et notre indépendance iroît au dernier point. Si l'heureux Vinius ne la partageoit point : Notre unique chagrin est qu'il nous la dispute. L'âge met cependant Galba près de sa chute;

exilé lai-méme dans la Lusitanie , dont il était gouverneur , il s'y comporta avec humanité.

Celte scène serait intéressante si elle produisait de grands événemens. Les fautes sont > tamitié reaaaieiede iroi9 catUn , que ce nœud. la retienne (Rajouter, ou près de cette belle , et quelques autres expressions q[«i ne sont ni assez nobles ni assess correcteii.

3o4 OTHON.

De peur qu'il nous entratne il faut un autre appai^ Mais il le faut pour, nous aussi foible que lui. ' Il nous en faut prendre un qui, satisfait des titres ^ Nous laisse du pouvoir les suprêmes arbitres. Pison a lame simple et l'esprit abattu ; S'il a grande naissance , il a peu de vertu :^ Non de cette vertu qui déteste le crime ; Sa probité sévère est digne qu'on l'estime ; Elle a tout ce qui fait un grand homme de bien : Mais en un souverain c'est peu de chose , ou rien. Il faut de la prudence , il faut de la lumière , Il faut de la vigueur adroite autant que fière , Qui pénètre y éblouisse ^ et sème des appas.... Il faut mille vertus enfin qu'il n'aura pas. Lui-même il nous prîra d'avoir soin de l'empire, Et saura seulement ce qu'il nous plaira dire : Plus nous l'y tiendrons bas , plus il nous mettra haut; Et c'est là justement le maître qu'il nous faut.

MARTIA^N

Mais, seigneur, sur le trône élever un tel homme ^ C'est mal servir l'état, et faire opprobre à Rome.

LACUS

Et qu'importe à tous deux.de Rome et de l'état?

■ S'il a grande naissance / une vigueur adroite et fière qui sèm» des appas ; et c^ést là justement ; moquons-nous du reste; il nous devra le tout ; s'il vient par nous à bout , etc. U n'est pas nécessaire de dire que toutes ces façons de parler sont ou vicieuses* on ignobles.

*- Certaiaeii^ent. elles seraient yicieases aajoardliai; mais Voluire^en les accoinalant sans ordre et sans suite, en les isolant da texte, coiams il le fait dans ses remarques, les lait paraître plus vicieuses encore. P>

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