ACTE II, SCÈNE V
MARTIAK.
Nous^ madame?
CAMILLE
Fautr-il que je vous obéis^ ^ Moi y dont Galba prétehd faire une impëratrite?
LACUS
L'un et l'autre sait trop quel respect vous est dû.
CAMILLE
Le crime en est plus grand si vous Tavez perdu. Parlez , qu'avez-vous dit à Galba l'un et l'autre ?
Sa pensée a voulu s'assurer sur la notre ; Et s'étant proposé le choix d'un successeur^ Pour laisser à l'empire un digne possesseur^ Sur ce don imprévu qu'il fait fiu diadème , Yinius a parlé , Lacus a fait de même.
jCAMiLtE.
Et ne savez-vous point, et Viuius, et vous, Que ce grand successeur doit être mop époux, Que le don de ma main suit ee don de Tempire?
jalousie, et aa moment même oti el^ vient d'ordonner la niort de Bvja^t, elle loi dit :
Je ne mérite pa^ on si grand saerifice : Je me connais, madame , et je me fais Jfstîee. I^in de toos séparer , j# prétends a^jourd^hnî , Par des nerads étemels , tous nnir arec lai : Vous Jçnlrez bientôt de son aimable voe.
Bacine, comme on pourrait le prouver par d^autres exemples, a souvent employé cette figurai et cependant Voluire > qui le connaissait si bien, ti dit par inadvertance, que depuis Afi^tQmaque ^ on n'en trouvait plus dana ses tragédies. Il faut quelquefois se méfier du ton beaucoup ^'op dé' cisîi que prend Voltaire dans ses assertions. P.
3o8 OTHON.
Galba par vos conseils youclroit4I s'en dédire?
LACUS
Il est toujours le même^ et nous avons parlé Suivant ce qu'à tous deux le ciel a révélé : En ces occasions , lui qui tient les couronnes Inspire les avis sur le choix des personnes. Nous ayons cru d'ailleurs pouvoir sans attentat Faire vos intérêts de ceux de tout l'état. Vous ne voudriez pas en avoir de contraires.
CAMILLE
Vous n'avez , vous ni lui , pensé qu'à vos affaires ; Et nous offrir Pisôn^ c'est assez ténxoigner....
LÀCUS.
Le trouvez-vous, madame, indigne de régner? Il a de la vertu, de l'esprit, du courage; Il a de plus....
) ICAMILLE.
De plus , il a votre suffrage , Et c'est assez de quoi mériter mes refus. ' Par respect de son sang, je ne dis rien de plus.
MARTIAN
Aimeriez-vous Othon, que Vinius propose, Othon, dont vous savez que Plautine dispose, Et qui n'aspire ici qu'à lui donner sa foi?
CAMILLE
Qu'il brûle encor pour.elle , ou la quitte pour jmoi, f Ce n'est pas votre affaire ; et votre exactitude Se charge en ma faveur de trop d'inquiétude.
LACUS
Mais l'empereur consent qu'il Tépouse aujourd'hui;