CAMILLE, LACUS, MARTIAN, ALBIANE
CAMILLE
Je vous rencontre ensemble ici fort à propos , Et voulois à tous deux vous dire quatre mots. * Si j'en crois certain bruit que je ne puis vous taire, Vous poussez un peu loin Forgueil du ministère : On dit que sur mon rang vous étendez sa loi , Et que vous vous mêlez de disposer de moi.
> A propos et quatre mqtê auraient gâté le rôle de Cornélie; mais une fille qui Tient parler ainsi de son mariage â deux ministres , eit bien loin d'être une Cornélie. Camille emploie cette figure froide de Tirouie^, qu'il faut employer si sobrement; elle parle en boui^eoise en parlant de Tempixe. Je sais ce qui m'est propre ,'Je nCcùme un peu moi-même ; je n' m pets gramde envie* L'insipâdité de Fintrigue et h bassesse de l'expression sont égales. Ces fautes trop souvent répétées sont cause que cette pièce ^ admirablement commencée, faiblit de scène en scène , et ne peut plus être représentée.
* Voltaire traite toujours Tironie de figure froide , et yéritableaient elle peut l'être ici ; mais il oublie qu'elle a été employée avec succès par les plus grands poètes dans le leu des passions les plus violentes. Clytemnestre elle-même ( et dans quel moment ! ) eu donne un exemple daas Iphigénie , qui prouve bien que Racine ne regardait pas cette figure comme déplacée dans les situations les plus fortement tragiques : Venes , dit Clytemnestre k sa fille ;
On n'attend plas qne tous ;
Venez remercier on père qai tous aime , Et qai veut à Tantel vous conduire lui-même.
Est-il une ironie, plus amère que celle que prête k Roxane le même poète, lorsque, parlant à sa rivale, dans le plus vif emportement de sa