SCÈNE IIL' GALBA, CAMILLE, ALBIANE
OALBA.
Quand la mort de mes fils désola ma famille.
Ma nièce, mon amour vous prit dès-lors pour fille;
Et regardant en vous les rentes de mon sang,
> On kie voit jamais dans cette pièce qu'une fille à marier. Il n'est pas contre la convenance que Galba tâche d'ennoblir la petitesse do cettç intrigue par un discours politique ; mais il est contre toi;te bien-<« séance , tranchons le mot , il est intolérable que Camille dise à l'em-^ pereur qu'il serait bon que aon mari eût quelque chose de propre â donner de tainour. Galba dit à sa iiiéce que ce raisonnement est fort délicat.
3i8 OTHON.
Jeiflattai ma douleur eu vous donnant leur rang.
Rome^ qui m'a depuis chargé de son empire ,
Quand sous le poids de l'âge à peine je respire^
A vu ce même amour me le &ire acœpter^
Moins pour me seoir si haut, que pour vous y porter.
Non que si jusque-là Rome pouvoit renaître ,
Qu'elle fut en état de se passer de maître.
Je ne me crusse digne , en cet heureux m<Hiient,
De commencer par moi son rétablissement :
Mais cet empire immense est trop vaste pour elle :
A moins que d'une tête , un si grand corps chancelle;
Et pour le nom des rois son invincible horreur
S'est d'ailleurs si bien faite aux loi$ d'un enipereur,
Qu'elle ne peut souffrir, après cette habitude.
Ni pleine liberté, ni pleine servitude.
Elle veut donc un maître, et Néron condanmé
Fait voir ce qu'elle veut en un front couronné.
Vindex , Rufus , ni moi , n'avons causé sa perte;
Ses crimes seuls l'ont faite; et le ciel l'a soufferte
Pour marque aux souverains qu'ils doivent par l'effet
Répondre dignement au grand choix qu'il en fait.
Jusques à ce grand coup , un honteux esclavage
D'une seule maison nous faisoit l'héritage.
Rome n'en a repris, au lieu de liberté.
Qu'un droit de mettre ailleurs la souveraineté ,
Et laisser après moi dans le trône un grand homme;
C'est tout ce qu'aujourd'hui je puis faire pour Rome.
Prendre un si noble soin, c'est en prendre de vous.
Ce maître qu'il lui &ut vous est dû pour époux ;
Et mon zèle s'unit à l'amour paternelle