ACTE IV, SCÈNE IV
J'aurois quelque raison de ne m'en pas dédire. Mais TOtre exemple apprend aux cœurs comme le mien Qu'un généreux mépris quelquefois leur sied bien.
CAKILLK.
Quoi ! l'empire et Pîson n'ont rien pour vous d'aimable?
riAUTINZ.
Ce que vous dédaignez je le tiens méprisable;
Ce qui platt à vos yeux aux miens semble aussi doux r
Tant je trouve de ^oire à me régler sur toosl
CAMILLE
Donc si j'ainxMS Otfaon....
PLAUTINB»
Je l'aimeroÂs de raéme^ Si ma main avec moi donnoit le diadème.
CAMILLE
Ne peut-on sans le trône être digne de lui?
PLAUTINE.
Je m'en rapporte à vous qu'il aime d'aujourd'huL
CAMILLE
Vous pouves mieux qu'une autre en dire des nouvelles; Et comme vos ardeurs ont clé mutuelles^ Votre exemple ne laisse à personne à douter Qua moins de la couronne on peut le mériter.
PLAVTINE.
Mon exemple ne laisse à douter à personne
Qu'il pourra vous quitter à moins de la couronne. ^
CAMILLE
Il a trouvé sans elle à vos yeux tant d'appas* .^..
PLAUTINE.
Toutes les passions ne se ressemblent pas.
344 OTHON
CÀMILLK.
Eii.e£kt| TOUS ayez un mérite si rare..;.
PLAUTINB./
Mérite à part, Famour est quelquefois bizarre; * Selon Tobjet divers le goût est différent ; Aux unes on se donne , aux autres on se vend.
CAMILLE
Qui connoissoit Otbon pouvoit à la pareille M'en donner en amie un avis à l'oreille.
PLAUTINE.
Et qm Testime assez pour Félever si haut
Peut y quand il lui plaira , m'apprendre ce qu'il vaut;
Afin que si mes feux ont ordre de renaître....
CAMILLE
J'en ai fait quelque estime avant que le connottre^ Et vous l'ai renvoyé dès que je l'ai connu.
PLAUTINE.
Qui vient de votre part est toujours bien venu. J'accepte le présent, et crois pouvoir sans honte , L'ayant de vôtre main , en tenir quelque compte.
CAMILLE
Pour vous rendre son âme il vous est venu voir?
PLAUTINE.
Pour négliger votre ordre il sait trop son devoir.
CAMILLE
Il vous a tôt quittée , et son ingratitude;...
PLAUTINE.
Vous met-elle y madame, en quelque inquiétude?
Non; nuis j'aime à savoir comment on m'obéit.