ACTE IVj SCÈNE V, S
Et pour vos Intérêts daignez considérer....
CAMILLE
Je vois quelle est ma faute , et puis la réparer;
Mais je veux, car jamais on ne m'a vue ingrate.
Que ma reconnoissance auparavant éclate;
Et n'accorderai rien qu'on ne vous fasse heureux.
Vous aimez, dites-vous, cet objet rigoureux;
Et Pison dans sa main ne verra point la mienne
Qu'il n'ait réduit Plautine à vous donner la sienne, ,
Si pourtant le mépris qu'elle fait de vos feux
Ne vous a pu contraindre à former d'autres vœux.
MARTIAN
Ah! madame y l'hymen a de si douces chaînes. Qu'il lui fautpeude temps pour calmer bien deshaines; Et du moins mon bonheur sauroit avec éclat Vous venger de Plautine et punir un ingrat.
CAMILLE
Je l'avois préféré, cet ingrat, à l'empire; Je l'ai dit, et trop haut pour m'en pouvoir dédire; Et l'amour, qui m'apprend le foible des amants^ Unit vos plus doux vœux à mes ressentiments , Pour me faire ébaucher ma vengeance en Plautine, Et l'achevei: bientôt par sa propre ruine.
MARTIAN
Âh ! si vous la voulez, je saisdes bras tout prêts; Et j'ai tant de chaleur pour tous vos intérêts....
CAMILLE
Ah ! que c'est me donner une sensible joie!
Ces bras que vous m'offrez , faites que je les voie.
Que je leur, donne l'ordre et prescrive le temps* Je veux qu'aux yeux d'Othon vos désirs soient contents^ Que lui-même il ait vu l'hymen de sa maîtresse Livrer entre vos bras l'objet de sa tendresse. Qu'il ait ce désespoir avant que de mourir : Après, à son trépas vous me verrez courir. Jusque-là gardez-vous de rien faire entreprendre. Du pouvoir qu'on me rend vous devez tout attendre. Allez vous préparer à ces heureux moments; Mais n'exécutez rien sans mes commandements.