SCÈNE V.* MARTIAN, PLAUTINE, ATTICUS
PLAUTINE. I
Allez-Y renfermer les pleurs qui vous échappent. Les désastres d'Othon ainsi que moi vous frappent; Et si l'on avoit cru vos souhaits les plus doux. Ce grand jour le verroit couronner avec vous.... Voilà, voilà le fruit de m'a voir trop aimée; Voilà quel est l'eflFet....
] Non seulement Plautine demeare sur la scène, et s'occupe à répondre par des injures à Tàmour du ministre d'état Martian ; mais ce grand ministre d'état y qui devrait avoir partout des serviteurs et des émissaires y ne sait rien de ce qui s'est passé ; il croit une fausse nouvelle 9 lui qui deyk'ait avoir tout fait pour être informé de la vérité : il est pris pour dupe par cet Atticus, comme l'empereur.
362 OTHON
MARTIAN
Si YOtre âme enflammée..*.
PLAUTINE.
vil esclave, est-ce k toi de troubler ma douleur? Est-ce à toi de vouloir adoucir mon malheur , A toi, de qui l'amour m'ose en offrir un pire?
MARTIAN
I] est juste d'abord qu'un si grand cœur soupire. Mais il est juste aussi de ne pas trop pleurer Une perte facile et prête à réparer.
Il est temps qu'un sujet à son prince fidèle Remplisse heureusement la place d'un rebelle : Un monarque le veut; un père en est d'accord. Vous devez pour tous deux vous faire un peu d'effort, Et bannir de ce cœur la honteuse mémoire D'un amour criminel qui souille votre gloire.
PLAUTINE.
Lâche ! tu ne vaux pas que pour te démentir Je daigne m'abaisser jusqu'à te repartir. Tais-toi : laisse en repos une âme possédée D'une plus agréable encor que triste idée ; N'interromps plus mes pleurs.
MARTIAN
Tournez vers moi les yeux :
Après la mort d'Othon, que pouvez-vous de mieux?