‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 216 sur 292 · DEUX SOLDATS · texte numérisé non relu

DEUX SOLDATS

PL AU T I N E ^ pendant que deux soldats entrent et parlent bas à Atticus.

Quelque insolent espoir qu'ait ta folle arrogance^ Apprends que j'en saurai punir l'extravagance ^ Et percer de ma main ou ton cœur ou le mien ^ Plutôt que de souffrir cet infâme lien. Connois-toi^ si tu peux^ ou connois^moi.

ATTICUS

De grâce, Souffrez....

PLAUTINE.

De me parler tu prends aussi l'audace, Assassin d'un héros que je verrois sans toi Donner des lois au monde, et les prendre de moi; Toi, dont la main sanglante au désespoir me livre !

ATTICUS

Si vous aimez Othon, madame, il va revivre ;

■ Enfin deux soldats terminent tout dans le propre palais de Galba; Martian et Plantine apprennent qu'Otbon est empereur.

Si le lecteur peut aller jusqu'au bout de cette pièce et de ces remarques , il observera qu'il ne faut jamais introduire sur la fin d'une tragédie un personnage ignoré dans les premiers actes, un subalterne qui commande en maître. Il est impossible de s'intéresser à ce person nage , et il* avilit tous les autres.

364 OTHON

Et vous verrez long-temps sa vie en sûreté,

S'il ne meurt que des coups dont je me suis vanté.

Othon vivroit encore ?

ATTICUS

Il triomphe, madame ; Et maître de l'état, comme vous de son âme. Vous l'allez bientôt voir lui-même à vos genoux Vo^ faire oflfre d'un sort qu'il n'aime que pour vous. Et dont sa passion dédaigneroit la gloire. Si vous né vous faisiez le prix de sa victoire. L'armée à son mérite enfin a fait raison ; On porte devant lui la tête de Pison ; Et Camille tient mal ce qu'elle vient de dire. Ou rend grâces pour vous aux dieux d'un autre empire. Et fatigue le ciel par des vœux superflus En faveur d'un parti qu'il ne regarde plus.

MARTI AN

Exécrable ! ainsi donc ta promesse frivole...,

ATTICUS

Qui promet de trahir peut manquer de parole.

Si je n'eusse promis ce lâche assassinat.

Un autre par ton ordre eût commis l'attentat j

Et tout ce que j'ai dit n'étoit qu'un stratagème

Pour livrer en ses mains Lacus et Galba même.

Galba n'a ri^n à craindre: on respecte son nom;

Et ce n'est que sous lui que veut régner Othon.

Quant à Lacus et toi, je vois peu d'apparence

Que vos jours à tous deux soient en même assurance,

Si ce n'est que madame ait assez de bonté '

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