‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 237 sur 292 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SPITRIDATE, MANDANE.

SPITRIDATE.

Que nous avons, ma sœur, brise de rudes chaînes!

En Perse il n'est point de sujets ,

Ce ne sont qu'esclaves abjects, Qu'écrasent d'un coup d'œil les têtes souveraines : Le monarque , ou plutôt le tyran général ,

N'y suit pour loi que son caprice, N'y veut point d'autre règle et point d'autre justice. Et souvent même impute à crime capital Le plus rare mérite et le plus grand service f Il abat à ses pieds les plus hautes vertus. S'immole insolemment les plus illustres vies , Et ne laisse aujourd'hui que les cœurs abattus

A couvert de ses tyrannies.

Vous autres , s'il vous daigne honorer de son lit.

Ce sont indignités égales ; La gloire s'en partage entre tant de rivales, Qu elle est moins un honneur qu'un sujet de dépit.

Toutes n'ont pas le nom de reines ,

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