‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 240 sur 292 · LYSANDER, SPITRIDATE, MANDANE, CLÉON · texte numérisé non relu

LYSANDER, SPITRIDATE, MANDANE, CLÉON

Quoiqu'kn matière d'hyménées L'importune langueur des affaires traînées Attire assez souvent de fâcheux embarras, J'ai voulu qu'à loisir vous puissiez voir mes filles Avant que demander l'aveu d'Agésilas

Sur l'union de nos familles.

Dites-moi donc , seigneur , ce qu'en jugent vos yeux , S'ils laissent votre cœur d'accord de vos promesses, Et si vous y sentezt plus d'aimables tendresses Que de justes désirs de pouvoir choisir mieux. Parlez avec franchise avant que je m'expose

A des refus presque assurés ,

Que j'estimerai peu de chose

Quand vous serez plus déclarés :

Et n'appréhendez point l'emportement d'un père j Je sais trop que l'amour de ses droits est jaloux ,

Qu'il dispose de nous sans nous , Que les plus beaux objets ne sont pas surs de plaire : L'aveugle sympathie est ce qui fait agir

La plupart des feux qu'il excite ; Il ne l'attache pas toujours au vrai mérite; Et quand il la dénie, on n'a point à rougir.

4o8 A6ÉSILAS.

SPITRIDÀTE.

Puisque vous le voulez , je ne puisine défendre. Seigneur , de vous parler avec sincérité. Ma seule ambition est d^étre votre gendre; Mais apprenez , de grâce , une autre vérité : Ce bonheur que j'attends , cette gloire où j'aspire , Et qui rendroit mon sort égal au sort des dieux , N'a pour objet.. .. Seigneur^ je tremble à vous le dire; Ma sœur vous rexpliqttera.niieux&

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