‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 250 sur 292 · ACTE II, SCÈNE VII. 4î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII. 4î

ELPINICE^

Moi , je pouri^ois Faimer , et sans IW di*e d'un père ?

Vous ne savez que c'est d'aimer ou de haïr; Mais vous seriez pour lui fort aise d'obéir.

ELPINICÊ.

Qu'il faut souffrir de vous, ma sœur !

AGLATIDE.

Le grand supplice De voir.qu'en dépit d'elle on lui rend du service !

LYSANDER

Rendez-lui la pareille. Aime-t-elle Cotys? Et s'il falloit changer entre vous de partis...»

AGLATIDE. .

Je n'ai pas besoin d'interprète > Et vous en dirai plus , seigneur , qu'elle n'eu sait. Cotys pourroit me plaire , et plairoit en effet , Si pour toucher son cœur j'étois assez bien faite ; Mais je suis fort trompée , ou cet illustre cœur

N'est pas plus à moi qu'à ma sœur.

' LYSANDER

Peut-être ce malheur d'assez près te menace.

AGLATIDE.

J'en connois plus de vingt qui mourroient en ma place^ Ou qui sauroient du moins hautement quereUer

L'injustice de la fortune ; Mais pour moi^ qui n'ai pas une âme si commune ^

Je sais l'art de m'en consoler.

Il est d'autres roi» dans l'Asie Qui seront trop heureux de prendre votre appui ; VIII. 27

4i8 AGÉSILAS.

Et déjà je ne sais par quelle fiintaisie

Ten crois voir à mes pieds de plus puissants que lui.

LYSANDER

Donc à moins que d'un roi tu ne veux plus te rendre?

AOLATIDE.

Je crois pour Spitridate avoir déjà fait voir

Que ma sœur n'a rien à m'apprendre

Sur le chapitre du devoir.

Elle sait obéir y et je le sais comme elle : C'est l'ordre; et je lui garde un cœur assez fidèle

Pour en subir toutes les lois :

Mais pour régler ma destinée.

Si vous vous abaissiez jusqu'à prendre ma voix ,

Vous arrêteriez votre choix

Sur une tête couronnée ,

Et ne m'offririez que des rois.

LYSANDER

C'est mettre un peu haut ta conquête.

AOLATIDE.

La couronne, seigneur, orne bien une tête. Je me la figurois sur celle de ma sœur,

. Lorsque Cotys devoit l'y mettre ; Et quand j'en contemplois la gloire et la douceur,

Que je ne pouvois me promettre , Un peu de jalousie et de confiision Mutinoit mes désirs, et me soulevoit l'âme ;

Et comme en cette occasion Mon devoir pour agir n'attendoit point ma flamme....

ELPINICE.

La gloire d'obéir à votre grand regret

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