‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 267 sur 292 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

j SCÈNE IIL

SPITRIDATE, MANDANE.

SPITEIDATS.

Il est temps de résoudre avec quel artifice

Vous pourrez en venir à bout, Vous, ma sœur, qui tantôt me répondiez de tout

Si j'avois le cœur d'Elpînice.

Il est à moi ce cœur, son silence le dit. Son adieu le fait voir, sa fuite le proteste;

Et si je n'obtiens pas le reste.

Vous manquez de parole, ou du moins de crédit.

MANDAN£.

Si le don de ma main vous peut donner la sienne,

Je vous sacrifirai tout ce que j'ai promis ; .

Mais vous, répondez-vous que ce don vous Tobtienne,

Et qu'il mette d'acCord de si fiers ennemis?

Le roi qui vous refuse à Lysander pour gendre

Y consentirar-t-il si vous m'offrez à lui ?

Et s'il peut à ce prix le permettre aujourd'hui,

Lysander voudra-t-il se rendre?

Lui qui ne vous remet votre première foi Qu'en faveur de l'amour que Cotys fait paroître ,

Ne vous fait-il pas cette loi Que sans le rendre heureux vous ne le sauriez être ?

SPITKIDATS.

Cotys de cet espoir ose en vain se flatter;

444 AGÉSILAS

L'amour d'AgésUas à son amour s'oppose.

MANDÀNE.

Et si vous ne pensez à le mieux écouter ,

Lysander d'Elpinice en sa feveur di^ose. j

SPITRIDATE. I

Ne me cachez rien y vous l'aimez.

MANDANE

Comme vous aimez Elpinice.

SPITRIDATE.

Mais vous m'avez promis un entier sacrifice.

MANDATE.

Oui^ s'il peut être utile aux voeux que vous formez.

SPITRIDATE.

Que ne peut point un roi!

HANDANE.

Quels droits n'a point un père !

SPITRIDATE.

Inexorable sœur !

MANDANE

Impitoyable frère , Qui voulez que j'éteigne un feu digne de moi. Et ne sauriez vous &ire une pareille loi I

Hélas! considérez; ...

MANDANE

Considérez vous-même. . . .

SPITRIDATE.

Que j'aime ^ et que je suis aimé.

MANDANE

Que je suis aimée ; et que j'aime.

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