ACTE I, SCÈNE I. ^i
Marius ni Carbon in'éarisnt poûA de scrupules ; Jamais Sylla^ jamais. •«. -
pïrpenna;
Sylla ni Marius
â dct lièur eommims d'on rhéteor qui ne connait paa le monde. Non aeaUment de telles maujqies ne doivent jamais être débitées, mais jamais personne ne les a prononcées , même en Êûsant un crime , ou en le conseillant. Cest manquer aux lois de l'honnêteté publique et aux règles de Tart; c'est ne pas connaître les hommes , que de pr^^Nitor le crime comme crâne. Voyes avec quelle adresse le scélérat Narcisse presse Néron de faire empoisonner Britannicos : il se garde bien de révolter Néron par l'étalage odieux de ces liorribles lieux communs, qu'un empereur doit être empoisonneur et parricide , dès qu'il y va de son intérêt; il échauffe la colère de Néron par degrés, et le dispose petit à petit à se défaire de son frère , sans que Néron s'aperçoive même de l'adresse de Narcisse ; et , si ce Nar* dsse avait un grand intérêt à la mort de Britannicus , la scène en serait incomparablement meilleure. Voyez encore comme Âcomàt, dans la trsgédiê de Bjajaset, s'exprima, ea ne conseillant ; qu'un simple manquement de parole à une femme ambitieuse et criminelle :
Et d'an trêne si saint la moitié n'est fondée
Que sur la foi promise , et rarement gardée.
Je m'emporte, seigneur....
n corrige la dureté de cette maxime , par ce mot si naturel et si adroit , Je m'emporte.
Le reste de cette première scène est beau et bien écrit. On ne peut , ce me semble, y reprendre qu'une seule chose , c'est qu'on ne sait point que c'est Perpenna qui parle : le spectateur ne peut .le deviner. Ce défaut vient en partie de la mauvaise habitude. où* nfous avons tpujuurs été d'appeler nos personnages de tragédie , aeignçure. C'est un nom quelles Romains ne se donnèrent jamais. Les autres nations sont en cela plus sages que nous. Shakespeare- et Addison appellent César, Brutus, Caton , par leurs noms propi^s.
4!^ SERTORIDS.
N'ont jamais é^^tgaé le sang de iears tiaincu^ ; ' Tour à tour la victoire autour d'eui: en fîirie  poussé leur couiroux jusqu'à la barbarie ; Tour à tour le carnage et les proscriptions Ont sacrifié Rome à leurs dissensions : * Mais leurs sanglants diteords qui DCUsdoimeiit dés Ont fait dès ineurtriers, et Tti'oni point fait de tratt Leurs plus vastes foreurs jamais n'ont consenti Qu'aucun Versât le sang de son propre parti ; Et dans l'on ni dans l'antre aocun n'a pris l'>aisdace D'assassiner son chef pour monter en sa place.
AU^IDE
Vous y renoncez donc et n'êtes plus jaloux ^ De suivre'iés drapeaux d'un chef moindre que vou; Àh ! s'il faut obéir, ne faisons plus la guerre; Prenons le même joug qu'a pris toute la terre. Pourquoi tant de périls 7 pourquoi tant de combats Si nous" voulons servir, Sylla nous tend les bras. C'est mal vivre en Romain que prendre loi d'un homn Mais, tyran pour tyran, il vaut mieux vivre à Rom
PERPENNA
Vois mieux ce que tu dis quand tu parles ainsi.
* On ne dit point mon vaincu , comme on dit mon esclave , mo ennemi.
A Lè^carfunge qui a sacrifié Rome aux éisêensionê , quelle incor rectfon'J ç^ttelle impropriéftéi c^^e <$e défaut revient scàrefit.'
3 Ce couplet du confideiit est beaucoup plus beau que tout ce qu( dit le principal personnage. Ce n'est point un défaut qu'Aufide parle bien; mais c'en est un grand que Perpenna , principal personnage, ne parle pas si bien que lui.