‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 5 sur 292 · ACTE I, SCÈNE I. aî · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. aî

Du moins la liberté respire encore id* De notre rëpuUâ^e à Komé anéantie , On y voit refleurir la plus noble partie { Et cet asile , aarert aux illustres proscrits y ' Réunit du sénat le prét^ieiix débriSé Par lui Sertorius gouverne ces province», Leur impose tribal:, Ait des lok à leurs ^rincesf, ^ Mainûont de nosJRomainsie reste indépendai&t t Mais comme vtout pard: demande un commandant, Ce bonfaiettr ioo^réinitjui partout l'accompagiié, Ce nom ^{tt'il s'est acqukcheii les peuples d'Espàgnë.» .«

ArFiDE,

Ah ! c'est ce nom acquis avec trop de bonheur Qui rompt votre fortunç et vous ravit l'honneur : Vous n'en sauriez douter, pour peu qu'il votis souvienne Du jour que votre armée alla joindre la sien;nç» Lors....

PERPENNA

N'enventme poiait le cuisant souvenir Que le commandefment dèyoit tn'appartenir. Je le passois en nombre, aussi-bien qu'en noblesse; U succomboit sans moi sous sa prc^re faiblesse: Mais sitôt qu'il parut , je vis en moins de rien Tout mon camp déserté pour repeupler le sien; Je vis par me^ isoldats mes aiglçs arrachées Pour se ranger sous lui voler vers ses tranchées ; Et, pour en colorer l'emportement honteux ,

' Par un caprice de langue on dit faire la loi à quelqu'un , et non pas faire de» lois. A quoiqu'un.

24 SERTORIUS

Je les suivis de rdge , et m'y rangeai ccmunè eux. '

L'impérieuse aigreur de l'apre jalousie Dont en secret dés lors mon^ âme fut saisie . Grossit de jour en jour sous. une passion ', Qui tyrannise encor plus que l'ambition : J'adore Viri^te • ; et cette grande reine , Des Lusitaniens l'illustré souveraine^ Pourroit par son hymen me rendre sur les siens Ce.pouvoir absolu qu'il m^ôte sur les miem. Mais elle-même ^ hélas I de ce grand nom dbarmée ^ S'attache au bruit heureux que fait sa renommée; Cependant qu'insensible à ce qu'elle a d'appas Il me dérobe un, cœur qu'il ne demande pa3. De ^n astre opposé telle est la violence p '

> Une aigreqr s'jpnvenime , devient plas cuisante , se tourne ei haine , en Aireur , mais une aigreur qui grossit sous une passion n'es pas tolérable.

* Après avoir entendu les discours d'un conjuré romain qui doi assassiner son général ce jour même, on est bien étonné de lui entendre dire tout d'un cou^^ /adore p^iriate* Ji n'y a que la malheureuse habitude de voir toujours des liéros amoureux sur le théâtre, comme dans les romans , qui ait 'pu faire supporter un si étrange contraste. Quand on représcinte un héros enivré de la passion furieuse et tragique de Tamour , il faut qu'il en parle d'abord : son cœur est plein ; son secret doit échapper avec violence : il ne doit pas dire en passant , J'adore ; le spectateur n*en croira rien. Vous parlez d'abord politique , et après vous parlez d'amour. Si on a dit , non bene con-^ veniuni , rtec eadem m êede morantur ma/estas et amor , on en doit dire autant de Tamour et de la politique; Tune fait tort à l'antre : aussi ne s'intéresse-t-on point du tout à la passion prétendue de Ferpenna pour la reine de Lusitanie.

3 Un astre , dans les anciens préjugés reçus ^ a delà puismnce) de

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