‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 7 sur 292 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Il Teut sur nos débats coniener «avec moi ^ Et pour toute assaranide il ne^ prend ^ae nia foi.

La parole suffit entre les grands courages. D'un homme tel que vous la foi vaut cent otages ; Je n'en suis point Surpris : mais ce qui me surprend , C'est de voir que iPompée ait pris le nom de Grand , Pour faire encore au vôtre entière déférence, * Sans vouloir de lieu neutre à cette conférence. C'est avoir beaucoup fait que d'avoir jusque-là Fait descendre l'orgueil des héros de Sylla.

SERTORIUS

S'il est plus fort que nous, ce n'est plus en Espagne, Où nous forçons les siens de quitter la campagne, * Et de se retrancher dans l'empire douteux Qiie lui soufire à regret Une province ou deux , Qu'à sa fortune lasse il Craint que je n'enlève. Sitôt que le printemps aura fini la trêve. C'est l'heureuse union de vos drapeaux aux miens Qui fait ces beaux suGoèsvqu'à toute heure j'obtiais;

' Faire déférence est un solécÎAme. On montre y on a de la défé--^ rence; on ne fait point déférence comme on fait hommage.

» Quitier la campagne est une de ces expressions triviales qui ne doivent jamais entrer dans le tragique. Scarron , voulant obtenir le rappel de son père , conseiller au parlement , exilé dans une petite terre^.dit au cardinal de Kichelieu :

si vous avez fait quitter la campagne Au roi tanné qui commande en Espagne, Mon père , hélas ! qui vous crie merci , La quittera , si voua voulez , aussi»

a8 SERTORIirS.

C'est à vous qtie je xloîs ice que j'ai de puissance : AttencJ^z tout qus^ de ma reconnoissance. Je reviens à Pompée , et pense deviner Quels motifs jusqu'ici peuvent nous l'amener.

Comme il trouve avec nous peu de gloire à prétendre , Et qu'au lieu d'attaquer il a. peine à défendre, '. Il voudroit qu'un accord , avantageux ou non. L'affranchît d'un emploi qui terilit ce. grand nom; Et chatouillé d'ailleurs par l'espoir qui le flatte , De faire avec plus d.'heur la guerre à Mithridate, Il brûle d'être à Rome- afin d'en recevoir Du maître qu'il s'y donne et l'ordre et le pouvoir.

.. PKRPENNA.

J'aurois'çru qu'Aristie ici réfugiée, Que, forcé par ce maître,, il a répudiée. Par un reste d'amour l'attirât en ces, lieux ^ous une autre couleur lui faire ses adieux; *

» C'est un solécisme * ; îl faut , il a peine à se défendre» Ce verbe n'est neutre que quand û signifie prohiber , empêcher; Je défendf qu'on prenne les armes , je, défends qu'on marche de œ côté • etc.

A Cela n'est pas français , c'est un barbarisme de phrase : on vient faire, on engage, on invite à faire, on attire quelqu'un dans une ville pour y iafre ses adieux ; mais attirer faire est un «olécisme intolérable. De plus , toutes ces expressions et ces tours sont de la prose trop néçligçe et trop embrouiljée.

J'aurais cru qu'jâristie T attirât est. un solécisme; il faut Vattirait,

* Cette faute était à remarquer , d*autant plus qa*aujonrdlim même elle échappe à de jeunes gens qui passent pour bien écrire. Dans le poëme intitulé le Mérite des Femmes, on trouve ce vers , que lautenr aurait dô corriger:

. Chacun 9avoit mourir, nol ne. «àffoit défendre. ..P.

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