ACTE V, ^CÈNE V. iSg
Tout morts et tout sanglants, ont encor des bourreaux. On cherche avec chaleur le reste des complices , Que lui-même il destine à de pareils supplices. Je défendois mon poste , il Ta soudain forcé , Et de sa propre main vous me voyez percé ; Maître absolu de tout, il change ici la garde. Pensez à vous, je meurs; la suite vous regarde.
ARISTIE
Pour quelle heure, seigneur, faut-il se préparer' A ce rare bonheur qu'il vient vous assurer? Avez-vous en vos mains un assez bon otage, Pour faire vos traités avec grand avantage ?
PERPENNA
C'est prendre en ma faveur un peu trop de souci, Madame; et j'ai de quoi le satisfaire ici.
1 Aristie répète ici les mêmes choses que lui a dites Perpenna dans la scène précédente. On a dé7à observé que l'ironie doit rarement être employée dans le tragique ; mais dans un moment qui doit inspi« Ter le trouble et la terreur, elle est un défaut capital.
Aristie ne fait ici qu'un rôle inutile et peu digne de la femme de Pompée. On a tué Sertorius qu'elle n'aimait point ; elle se trouve dans les mains de Perpenna ; elle ne sert qu'à faire remarquer combien elle a fiiit un voyage inutile en Espagne.
i4p SERTORIUS,