ACTE V, SCÈNE VIL
Je rapporte avec joie et ma main et ma foi. Je ne dis rien du cœur y il. tint toujours pour elle.
ARISTIE
Le mien savoit vous rendre une ardeur mutuelle; Et, pour mieux recevoir ce. don renouvelé. Il oublira, seigneur, qu'on me l'avoit volé.
VIRIATE
Moi, j'accepte la paix que vous m'avez offerte ;
C'est tout ce que je puis, seigneur, après ma perte ;
Elle .est irréparable : et comme je ne voi
Ni chefs dignes de vous , ni rois dignes de moi , '
Je renonce à la guerre, ainsi qu'à l'hyménée ; * -
Mais j'aime encor l'honneur du trône où je suis née. -
D'une juste amitié je sais garder les lois.
Et ne sais point régner comme régnent nos rois.
S'il faut que sous votre ordre ainsi qu'eux je domine.
Je m'ensevelirai sous ma propre ruine :
Mais si je puis régner sans honte et sans époux ,
Je ne veux d'héritiers que voire Rome, ou vous}
Vous choisirez, seigneur j ou, si votre alliance
Ne peut voir mes étals sous ma seule puissance ,
Vous n'avez qu'à garder cette place en vos mains,
Et je m'y tiens déjà captive des Romains.
POMPÉE
Madame, vous avez l'âme trop généreuse , Pour n'en pas obtenir une paix glorieuse ; Et l'on verra chez eux mon pouvoir abattu, Ou j'y ferai toujours honorer la vertu.
1 Cette tirade de Viriate est tréa à sa place , pleine de raison et de
noblesse.