‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 84 sur 292 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Sa rigaeur n'a jamais le dehors si sévère ^ Que leur perte au-<ledans ne lui devienne amère ; Et, de quelque façon qu'elle nous fasse agir, Un esclave échappé nous fait toujours rougir. * ^ Qui rejette un beau feu n'aime point qu'on l'éteigne : On se plaît à régner sur ce que l'on dédaigne ; Et l'on ne s'applaudit d'un illustre reftis. . Qu'alors qu'on est aimée après qu'on n'aime plus.

Je veux donc, s'il se peut, que l'heureux Massinisse Prenne tout autre hymen pour un affreux supplice ; QuU m'adore en se<iret; qu'aucune nouveauté N'ose le consoler de ma déloyauté ; Ne pouvant être à moi , qu'il ne soit à personne. Ou qu'il souffre du moins que mon seul choix le donne. Je veux penser encor que j'en puis disposer. Et c'est de quoi la paix me va désabuser. Juge si j'aurai lieu d'en être satisfaite. Et par ce que je crains vois ce que je souhaite.

Mais Éryxe déjà commence mon malheur.

Et me vient par sa )oie avancer ma douleur.

1 Cette petite coquetterie comique et cet le. nouvelle dissertation sur les femmes qui veulent tonjpurs conserver leurs amans sont isi déplacées , que la confidente a bi^n raison de lui dire respectuensement qu'elle est une capricieuse. Ce mot seul de caprice Ate au rôle de Sophonisbe tonte la dignité qu'il devait avoir, détruit l'intérêt, et est un ▼ice capital. Ajoutez à cette grande faute les défauts continuels de la diction , comme Éryxe qui avance la douleur de SophoÂisbe par aa joie; une nouveauté, qui n'ose consoler de la déloyauté; un illustre refus; une pefte devenue amére au-dddans;HeTminie qui ne comprend pas que peut, importer à laqueUe on. veuille s'arréfer; un resta d'amour, qui ne va point à regretter une perte dont on prendrait encore l'occasion offerte; et tout ce galimatias absurde qu'on ne remar-

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