‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 86 sur 292 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Qu'aa désaveu de Rome il hasarde sa gloire. Quant à votre sénat ^ le roi n'en dépend point.

SOPHONISBE

Le roi n'a pas une âme infidèle à ce point; Il sait à quoi rhofineur, à quoi sa foi Fengage; Et je l'en dédîrois , s'il traitoit sans Carthage.

ÉRYXE.

On ne m'avoit pas dit qu'il fallût votre aveu.

SOPHOIilSBE.

Qu on vous l'ait dit ou non , il m'importe assez peu.

^RYXE.

Je le crois j mais enfin donnez votre suffrage , Et je vous répondrai de celui de Carthage.

SOPHONISBC.

Avez-vous en ces lieux quelque commerce?

ERYXE.

Aucun.

D où le savez-vous donc?

ERYXE,

D'un peu de sens commun.

On y doit être las de perdre des batailles. Et d'avoir à trembler pour ses propres murailles.

SOPHONISBE

Rome nous auroit donc appris l'art de trembler. ^ Annibal....

ÉRYXE.

Ânnibal a pensé l'accabler :

I On n'avait pas mis encore la peur au rang dea arts.

Page 1