ACTE I^ SCÈNE IIL
: 'ÉRY'xe. '•'"■/■.'{
On pourrait fort attendre. ' . ^ .'.
SOPHONISBE
Et durant celte aitènte / Vous pourries^ n'avoir pas Tâme la plus, conteiite^ , ul
■ ERYXEv ' •'. : .( . '0 \j
Tai déjà grand chagrin de Toir qnfé de vos moins Mon sceptre a su passer eh celles des Romains; / '1 Et qu aujourd'hui 9 de Tair dont s'y prend Massinisse, Le vôtre a grand besoin que la paix raffermisse* '
SOPHONISBE
Quand de pareils chagrins voudront paroître au jour.
Si l'honneur vous est cher, cachez tout votre amour;
Et voyez à quel point votre gloire est flétrie . ; > i i
D'aimer un ennemi de sa propre patrie,
Qui sert dès étrangers dont par un juste accord
Il pouvoit nous aider à repdusser l'eâcHctk '. ; > i ' t <
Dépouillé par votre ordre , on par votre artifice, ^ ' Il sert, vos" ennemis pour s'en faire justice; ''
Mais si de les servir il doit être honteux , ^ ' « •
Syphax sert comme lui des étrangers ooinme'eux.' Si nous les voulions tous bannir de notre Afrique, Il faudroit comiKienoar par votre république, Et renvoyer. à Tyr>d'iOU:V€ius été» sorttst,. .' ' Ceux par qui tios climats sont presque^ assujettis.
Nous avons lieu d'avoir, pareille jalousie Des peuples de l'^urdpè et de oéipc de l' A^ ; ' ^
Ou, si le tempsia pu* vous '.naturaliser. Le même cours du temps les peut favoriser. •
vin. 12
lyS SOPHONISBE.
J'ose vous dire plus. Si le destin s'obstine A vouloir qu'en ces lieux leur victoire domine, Comme vos Tyriens passent pour Africains^ Au milieu de l'Afrique il naîtra des Romains : Et, si de ce qu'on voit nous croyons le présage, Il en pourra bien naître au milieu de Garthage, Pour qui notre amitié n'aura rien de honteux, Et qui sauront passer pour Africains comme eux.
SOPHONISBE
Vous parlée un peu haut.
ERYXE.
..:*',•. Je suis amante et reine.
SOPHONISBE
Et captive, de plus.
ÉRYXE.
On va briser ma chaîne.
Et la captivité ne peut abattre utt cœur Qui se voit assuré de celui du vainqueur. Il est te! dans vos fers que sous mon diadème : N'outragez plus oe prince, il a ma foi, je l'aime; J'ai la sienne, et j'en sais soutenir l'intérêt.
Du reste, si la paix vous platt, ou vous déplaît. Ce n'est pas mon dessein d'en pénétrer la cause. La bataille et la paix sont pour moi même chose. L'une ou l'autre aujourd'hui finira mes ennuis^ Mais l'une vous peut mettre en l'état où je suis.
SOPHONISBE
Je pardonne au chagrin d'un si long esdtavage.
Qui peut avec raison vous aigrir le courage ,
Et voudrois vous servir malgré ce grand courroux.