‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 89 sur 292 · ACTE I, SCÈNE HI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE HI

ERYXE.

Craignez que je ne puisse en dire autant de vous. Mais le roi vient, adieu; je n'ai pas Timprudence De m'offrir pour troisième à v,otre conférence; ^ Et d'ailleurs y s'il vous vient demander votre aveu. Soit qu'il l'obtienne, ou non, il m'importe fort peu. *

> Cette conversatioa politique entre deux femmes ,. leurs petites pi^ coteries, n'élèvent' l'âme du speôtàtear , ni be la remuent ; et le lecteur est rebuté de voir à toi)t moveiit de ces vers de comédie que Corneille s'est permis dans toutes ses pièces depuis Qinna, et qu^ le succès constant de Cinna devait l'engager à proscrire dp son style. On pourrait observer les solécismes , les barbarismes de ces deux femmes , et , ce qui est bien plus impardonnable , leur langage triyial et comique.

n n'est pas permis de mettre dans une tragédie des vers tels que caujc-ci :

Aves-Vons em ces lieux quelque commerce ? — Aucun. —

D*oii le savez-vons dopie? -^ D'un pe* de sens commun....

On pourroît fort attendre. — Et durant cette attente »

Vous pourries n'avoir pas i*Ame la ptns contente....

On ne voit point d*ici ce qui sf passe à Kome. —

Mais , madame , les dieux vous Tont-ils révélé ? — - I

L*&aie la plus crédule

D'an miracle pareil feroit quelque acropule. —

Un succès, hautement emporté ,. . ' ' .

Qui mettroit notre gloire en plus 4*égaiité. -^ <

Du reste , si la paix vous plaît ou vous déplaît ,

La bataille et la paix sont peur moi même cbose', etc. , etc.

Cest U ce qae SaintrÉvremond ftf^elle parler ivec d»gait6,< c'eJt la véritable tragédie : et V Jndromaque de Racine est à ses yeux une pièce dans laquelle il y a des choses qui approchent du bon ! Tel est le préjugé ; «telle est l'envie secrète qu'on porte au mérite nou^ veau sMM' presque s*en apercevoir. Saint-Évrémoiid était né ipoft» Corneille, et avait vu naître Racine. Oi>ons dire qu'il n'était, digoe déjuger ni l'un ni Tautre. n n'y a peut-être jagiais eu de réputation I plus usurpée que celle de Saint^Évremond.

i8o SOPHONISBE.

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