‹ Œuvres de P. e. Lemontey (volume 2)Chapitre 32 sur 45 · LE CHÉITE QUI REVERDIT · texte numérisé non relu

LE CHÉITE QUI REVERDIT

Un chêne périssait dans la vigueur de Tâge ,

Et y frappé de maux inconnus.

Voyait son tronc chargé de rameaux sans feuillage

Que la sève n'abreuvait plus* La mort tenait déjà sous ses mains inflexibles La moitié de sa proie. douleur! ô tourment!

De ]eur forêt les driades sensibles Pleuraient le plus bel ornement.

Soudain un redoutable oraga

Des monts voisins roule en noirs tourbillons ^

Et dans les bois porte un affreux ravage.

Les arbres , sous les coups des feugueux aquilons ,

Se font entre eux une guerre fatale , L'un par Tautre brisés y déchirés , eotr'ou verts.

Jamais Fleurus, Marengo, ni Pharsale, D'aussi vastes débris n'ont vu leurs champs couverts. Les frima ts approchaient/ quand on vint de la ville Ravir à la forêt ses enfans abattus.

Nul ne doutait que le chêne débile , En tombant , n'eiit grossi le nombre des vaincus.

surprise ! ô douce joie !

Le voilà , le voilà debout , vif et puissant ,

Qui dans les airs avec grâce déploie D'un feuillage nouveau le luxe renaissant.

Bienfaisante pour lui , la sévère tempête

A détruit de son mal les principes cachés , En soulageant sa noble tête

D'impurs rameaux par la mort desséchés.

Plein d'une gloire où le ciel s'intéresse ,

Et des forêts patriarche cité , ' Il aura les honneurs d'une lente vieillesse.

Ainsi par l'adversité Le grand homme , affranchi de l'humaine Faiblesse , Arrive plus brillant à l'immortalité.

FABLE XVL

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