‹ Œuvres de P. e. Lemontey (volume 3)Chapitre 36 sur 44 · LE NID SAUVÉ · texte numérisé non relu

LE NID SAUVÉ

ROMANCE VILLAGEOISE, TRADUITE DE l' ALLEMAND.

Te souviens— tu bergère , De cet orage affreux Qui combla la misère De tant de malheureux?

La grêle déchaînée , En épais tourbillons, Des travaux d'une année Dépouilla nos sillons.

L'astre du jour à peine Montre un front plus serein , Que je cours ^ hors d'haleine , Visiter mon jardin.

Mdis , ô douleur amère 1 Tous mes arbres chéris Ne couvraient plus la terre Que de tristes débris.

Un seul vivait encore.

Hélas ! si c'eût été Le joli sycomore Que pour toi j'ai planté !

Mais par un choix injuste y Qui confond ma raison , Ce n'était qu'un arbuste, Un stérile buisson.

36o LE NID SAUVÉ.

Vil arbrisseau , lui disrje^ Ha main saura venger.

Sur ta vorace tige , L'honneur de mon verger* • PrAt à frapper, que vis-je Entre ses verts rameaux?

Sauvé par un prodige.

C'était un nid d^oiseaux»

Petits ! pour votre asile.

De moi ne craigniez rien ; Je veux qu'il soit tranquille Et sûr comme le mien.

Aurais^je le courage De me montrer, pour vous , Plus méchant que l'orage Qui vous épargna tous?

Vous n'avez plus de mère ; Nous vous en servirons.

Chaque jour ma bergère Et moi vous nourrirons.

Comme la Providence J'aime les malheureux; Et dans mon indigence Je trouve encor pour eux-

ADRESSÉS AUX DEUX GROUPES DE CHEVAUX EN MARBRE TRANSPORTÉS DE l' ABREUVOIR DE NARLY A l'eNTRÉE DES CHAMPS-ELYSÉES (1).

Brillans jumeaux, que l'aîné des Goustous Fit s'élancer des rochers de Carrare , Fougueux coursiers , de grâce , arrêtez-vous ; Paris le veut : Paris n'est plus barbare.

Durant un siècle , auprès d'un abreuvoir, Vous avez su conserver l'abstinence ; A nos rentiers prêtez votre savoir ; A nos tribuns prêtez votre silence.

Mais quand Delille eut quitté ses foyers , Pégase ici vous choisit pour modèle; Et , comme vous , laissa ses écujers Courir à pied et jamais sur la selle.

Vos mouvemens , que l'instinct a guidés , Frappent l'artiste et font penser le sage.

Ruant toujours , quoique toujours bridés , Des nations vous lui montrez l'image.

(x) Ces irers JFiirent publiés dans les journaux du temps, lorsque fe Directoire ût transporter les groupes de Coustou , à Taide d*une machine ingénieuse du colonel Grobert, dont les dessins ont été gravés. Les tribuns y dont on parle dans la seconde stance, ne sont point les membres du tribunat, qui n*existait pas encore, mais des écrivains brouillons qui étaient arroge ce titre.

Si la colère étincelle en vos yeux , Ah ! c'est de voir, au sein de nos misères , Que chaque jour dans des chars orgueilleux , Tant de faquins sont traînés par vos frères.

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